Mise au point de l’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre

OPINIONS / Un article paru dans le journal Le Nouvelliste en décembre dernier faisait état d’une amende remise à M. Raymond Faucher, membre de l’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre (APLSP) qui exige le retrait des moratoires sur la pêche sportive de la perchaude dans le fleuve Saint-Laurent. S’il est vrai que ce dernier a plaidé coupable à infraction à la Loi sur la Convention sur les oiseaux migrateurs, cela n’a aucun lien avec les positions de l’APLSP. L’APLSP désire profiter de l’occasion pour réitérer la grande crédibilité de M. Faucher, un biologiste d’expérience.

Nous aimerions d’ailleurs rétablir certains faits décrits dans l’article du 7 décembre dernier. Par exemple, M. Faucher été autorisé à circuler dans le refuge des oiseaux migrateurs en vertu d’une autorisation spéciale.

Ensuite, la seule raison justifiant que des pancartes se soient retrouvées sur le terrain de M. Faucher était son désir d’éviter la pollution du lac Saint-Pierre dans un contexte d’inondation. Enfin, l’APLSP déplore que des efforts supplémentaires n’aient pas été faits pour communiquer avec M. Faucher avant la parution de l’article étant donné l’absence d’urgence de publication.

M. Faucher est un bénévole passionné et convaincu œuvrant au sein d’un collectif de bénévoles aussi passionnés que lui. Il a travaillé notamment comme vice-président de la compagnie Alliance Environnement inc. et ensuite comme chef de service environnement aquatique pour le Québec et directeur du bureau de Trois-Rivières pour l’entreprise AECOM.

Il a participé à près de 300 études concernant la qualité de l’eau, les invertébrés, les poissons (dont la perchaude), les effets des effluents des industries papetières et minières sur le milieu aquatique, etc. Aujourd’hui à la retraite, il souhaite faire profiter des connaissances qu’il a acquises durant sa vie professionnelle aux citoyens, aux élus, aux scientifiques et aux gestionnaires afin de les aider à comprendre la perchaude du lac Saint-Pierre et ses véritables problèmes.

Les écrits bénévoles de M. Faucher révèlent une série de faits avérés et de vérités qui semblent choquer et déranger, car elles confrontent les positions du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Il importe de préciser que ces écrits bénéficient de l’appui non seulement de l’APLSP et de ses 2000 membres, mais aussi du soutien moral des 60 000 pêcheurs des zones touchées par les moratoires sur la perchaude dans le fleuve Saint-Laurent. Qui plus est, à ce jour, 14 municipalités riveraines du lac Saint-Pierre ont adopté une résolution ou se sont prononcées en faveur de la levée du moratoire sur la perchaude.

Tout le débat sur les moratoires repose sur le fait que l’APLSP a démontré que l’état du stock de perchaudes du lac Saint-Pierre permet un prélèvement de pêche sportive infime de 4 tonnes, soit de 1 % du stock. Le MFFP quant à lui refuse d’ouvrir la pêche sportive de 1 % du stock prétextant une série d’hypothèses non vérifiées au lac Saint-Pierre. Il refuse également de dissocier pêche sportive et pêche commerciale dans son analyse, exercice qui démontre sans équivoque l’incidence négligeable de la pêche sportive.

Enfin, le principal outil du MFFP, le réseau de suivi ichtyologique (RSI) est inapproprié et trop biaisé pour supporter un moratoire sur la pêche sportive de la perchaude.

Actuellement, toutes les perchaudes capturées doivent être remises à l’eau, blessées, mortes ou vives. La pêche sportive des autres espèces causerait une mortalité annuellement de 1 à 2 tonnes de perchaudes remises à l’eau. Permettre le retour d’une pêche sportive, même avec des restrictions bien établies, permettrait de récupérer ces perchaudes autrement gaspillées.

Depuis la mise en œuvre du moratoire en 2012, ce seraient environ 2000 chalets de pêche qui ont disparu, quatre centres de pêches qui ont fermé leurs portes, les ventes de droits et des permis de pêche qui sont en chute, et le suivi de récolte par la pêche sportive, un outil utile pour l’étude de la population, qui n’est plus disponible. Ce sont des pertes économiques majeures pour la région, alors que selon toute vraisemblance, la pêche sportive contrôlée n’est pas une cause du déclin de la population de perchaude, et pourrait même faire partie de la solution comme le démontre le fascicule le plus récent de l’APLSP.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, vous pouvez consulter site Web de l’Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre sur le lien suivant: https://www.aplsp.com/

L’APLSP espère qu’à l’avenir les discussions sur la levée du moratoire sur la perchaude se baseront sur les arguments scientifiques présentés de part et d’autre, et non plus sur la base d’insinuations à l’égard des individus qui s’engagent dans leur collectivité.

Jean Levesque

Président

Association des pêcheurs du lac Saint-Pierre