Mise à jour économique: les attentes sont grandes dans la région

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / Au lendemain de la mise à jour économique du gouvernement du Québec, la Coalition des forces sociales Mauricie et Centre-du-Québec (CFS MCQ) souhaite rappeler la nécessité de bâtir une société fondée sur les préceptes de la justice sociale. 

Par-delà les impacts économiques à court terme de l’actuelle crise socio-sanitaire, la population québécoise mérite plus que jamais un environnement sain, des services publics de qualité et gratuits, ainsi qu’un réseau communautaire fort.

Il est évident que la question environnementale est une réalité indissociable de la question économique. Les choix financiers du Québec doivent dès maintenant être le reflet de nos engagements collectifs quant à la réduction des gaz à effet de serre (GES) et la lutte aux changements climatiques. Les décisions financières qui sont prises aujourd’hui, particulièrement en contexte de relance économique, auront un impact direct et majeur sur la qualité de vie de la population du Québec de demain. Antoine Bélisle-Cyr, président de l’Association générale étudiante de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGEUQTR), s’exprime ainsi: «Le Québec a tout le potentiel nécessaire pour devenir un exemple sur le plan environnemental, mais nos élus se doivent de faire les choix économiques qui sont porteurs de cette ambition. Le temps presse d’agir et les mesures symboliques ne sont malheureusement plus acceptables».

En ce qui concerne le milieu communautaire, il se trouve au cœur de la lutte pour la défense des personnes exclues et défavorisées de notre société. Il est donc essentiel de reconnaître l’apport de ces organismes qui sont – trop souvent – victimes de sous-financement chronique et d’un manque de reconnaissance pour le travail essentiel qu’ils accomplissent. Sans un soutien financier adéquat de la part du gouvernement, le réseau communautaire ne peut répondre efficacement aux besoins des milliers de personnes au Québec qui sont en situation de précarité économique, sociale et alimentaire. Comme le mentionne Joanne Blais, coordonnatrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, «le milieu communautaire est largement composé de femmes et il est impératif d’avoir l’argent nécessaire pour leur donner des conditions de travail décentes, particulièrement en contexte de rareté de la main-d’œuvre».

Du côté des services publics, rappelons-nous la grande période d’austérité que ceux-ci ont vécu au cours des années antérieures, austérité alimentée par les décisions gouvernementales. En 2020, l’économie a peut-être souffert du confinement vécu au Québec, mais ce n’est pas une raison pour en faire souffrir les services à la population, notamment pour l’attraction et la rétention du personnel. La pénurie de main-d’œuvre actuelle épuise le personnel du secteur public. Des réinvestissements massifs doivent avoir lieu notamment en santé et en éducation. Les négociations en cours avec les travailleuses et les travailleurs des services publics seront une occasion pour que le gouvernement démontre son «sérieux» et allège la pression insoutenable qui épuise grandement ces travailleuses et travailleurs qui s’efforcent de donner les services de qualité auxquels la population a droit de recevoir. Nathalie Perron, présidente du FIQ SPSMCQ, mentionne d’ailleurs qu’«il est clair qu’il est dans l’intérêt de la population d’offrir de meilleures conditions de travail dans le secteur public. Un changement s’impose.»

En somme, le constat est évident: la pandémie a été révélatrice des inégalités de notre société. Si le gouvernement semble avoir fait de bons choix en confinant le Québec pour atténuer la première vague, la mise à jour économique survient à un moment où on assiste à une deuxième vague pire que la première… Les choix politiques et économiques du Québec devront faire en sorte qu’on trouve des solutions humaines, écologiques, égalitaires et durables pour toute la population.

Marc Benoît

Coordonnateur du Regroupement des organismes en éducation populaire autonome Mauricie (ROÉPAM)

Porte-parole de la Coalition des forces sociales Mauricie et Centre-du-Québec (CFS MCQ)

La Coalition des forces sociales Mauricie et Centre-du-Québec (CFS MCQ) est composée des organisations suivantes:

Association générale des étudiant(e)s de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR)

Association des groupes d’éducation populaire autonome (AGÉPA) Centre-du-Québec

Carrefour d’aide aux non syndiqué-es (CANOS)

Centre de formation communautaire de la Mauricie (CFCM)

Comité de solidarité Trois-Rivières (CS3R)

Corporation de développement communautaire (CDC) de Bécancour

Corporation de développement communautaire (CDC) de Trois-Rivières

Confédération des syndicats nationaux (CSN), Conseil central du Cœur du Québec

Centrale des syndicats du Québec (CSQ)-Mauricie, Coordination régionale

Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Conseil régional Mauricie Centre-du-Québec

La Gazette de la Mauricie

Regroupement des organismes en éducation populaire autonome Mauricie (ROÉPAM)

Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) – Bureau régional Centre-du-Québec – Estrie – Mauricie

Syndicat des professeurs et professeures du Cégep de Trois-Rivières

Table régionale des organismes communautaires (TROC) Centre-du-Québec Mauricie

Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ-SPSMCQ)