Yvon Boivin.
Yvon Boivin.

Merci Yvon!

OPINION / Je me souviens de la période de questions orales du public lors de la séance du Conseil municipal de Trois-Rivières du 6 avril 2009. M. Yvon Boivin y avait fait une intervention remarquée sur les effets de la pyrrhotite sur les fondations de sa résidence et de celles d’autres Trifluviens. Après l’élection du 1er novembre 2009, il était revenu à la charge en déposant, lors de la séance du Conseil du 7 décembre 2009, une pétition dans laquelle 159 contribuables demandaient aux autorités municipales de Trois-Rivières d’accorder une exemption complète de taxes municipales aux résidences ayant été officiellement reconnues par l’APCHQ comme étant affectées par la présence de pyrrhotite.

Par la suite, il est revenu à quelques reprises aux séances du Conseil, dont celle du 4 juillet 2011: lui et 16 autres propriétaires de résidences dont les fondations étaient fissurées en raison de la pyrrhotite avaient alors remis la clé de leur maison respective aux élus municipaux trifluviens parce qu’ils estimaient qu’elle ne valait plus rien et parce qu’ils voulaient ainsi presser la Ville de prendre le leadership de ce dossier.

En 2009, je ne savais pas que les fondations de ma propre résidence, fraîchement construite, étaient elles-mêmes gangrenées par ce cancer. Lorsque je l’ai appris, deux ans plus tard, j’ai alors mesuré, apprécié et énormément bénéficié des efforts incommensurables qu’Yvon et ses complices de la Coalition proprio-béton (l’ancêtre de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite) avaient déployés. Il a défendu bénévolement avec fougue, détermination, combativité, imagination et verve, sur toutes les tribunes possibles, les intérêts des victimes de la pyrrhotite. Il a généreusement écouté et dispensé ses conseils à tous ceux qui l’interpellaient. Il a pourfendu avec virulence toutes les entreprises et toutes les autorités ayant une quelconque responsabilité dans ce terrible sinistre dont les effets délétères perdurent: des centaines d’autres victimes attendent encore de voir l’ombre du début d’une quelconque indemnisation...

Il s’est épuisé à la tâche et j’imagine sans difficulté que son épouse et son fils ont souffert de tout le temps qu’il a donné à cette cause et qu’il ne leur a pas consacré.

Lors du scrutin fédéral du 19 octobre 2015, les électeurs de la circonscription de Trois-Rivières lui ont préféré M. Robert Aubin du NPD. J’espère que M. Boivin n’a pas vu dans cette défaite de l’ingratitude à son endroit. Ce n’est pas lui qu’ils ont rejeté, mais le Parti libéral du Canada qu’il représentait et son chef, Justin Trudeau; ils ont d’ailleurs renouvelé ce rejet lors du scrutin de 2019 et j’espère que c’est ce qu’ils feront à nouveau à la prochaine occasion.

Jeudi, deux semaines après des centaines d’autres victimes de la pyrrhotite, j’ai reçu mon indemnité à la suite des jugements rendus par la Cour d’appel les 6 avril, 12 juin et 10 juillet 2020. J’ai payé les avocats qui ont défendu mes intérêts devant les tribunaux. Mais je tenais à remercier chaleureusement, sincèrement et publiquement Yvon Boivin pour l’inlassable combat qu’il a mené, pour le bien commun, sur tant de fronts.

Que la Ville de Trois-Rivières lui rende hommage sans tarder en lui remettant sa plus haute distinction, l’Ordre de La Vérendrye.

Me Gilles Poulin, notaire honoraire

Greffier de la Ville de Trois-Rivières de 1990 à 2017