Merci pour les bons soins

Mardi soir dernier, une douleur lancinante, fulgurante et irradiante et sans doute mortelle me réveille à 22 heures. Il n’y a de place pour aucun doute. C’est l’infarctus tant redouté, vu mes antécédents familiaux et ma santé vacillante de personne lourdement handicapée et âgée de 71 ans. Pas de panique on appelle le 911. Je ramasse mes cartes et je gobe quelques mini-aspirines pour diluer mon sang qui peine à se frayer un chemin dans mes artères probablement bouchées. En moins de deux, c’est la prise en main de ma survie par les intervenantes et intervenants de notre système de santé trop souvent décrié.

Six ambulanciers costauds et hors pair, cinq médecins compétents, une dizaine d’infirmières et de préposés plus que dévoués, le personnel d’entretien qui se faufile sans relâche au travers de ces authentiques héros, quant à moi. Et l’équipement requis, qui fait la différence entre vie et mort. Bref, tout ça pour moi. Dorloté comme si j’étais leur parent ou leur enfant. Et attentifs à mon épouse qui passe par toute la gamme des émotions. Ils ont éliminé, une à une, toutes les hypothèses macabres et 18 heures plus tard, me voilà rasséréné et confiant. Enfin.

Et cette douleur insoutenable qui se pointe à nouveau au moment d’écrire ces lignes...

Un peu tard je l’avoue, j’allume enfin. À force de pitonner sur ma tablette, dans une position tout sauf ergonomique, j’ai développé une contraction musculaire digne du noeud gordien.

Un milliard de mercis et des tonnes de reconnaissance à ces 20-25 personnes qui m’ont redonné foi en notre système de santé.

Je vous embrasse tous, œuvrant aux urgences de Louiseville et du CHAUR, les ambulanciers, les techniciens qui veillent sur nous.

Et si jamais je retombe malade, j’exige d’être soigné de nouveau par vous. Personne d’autre.

Michel Favreault

Sainte-Ursule