Merci aux nouveaux conseillers

La venue de nouveaux conseillers à Trois-Rivières, heureux dénouement des dernières élections municipales, a permis aux contribuables d’ici d’enfin bénéficier d’un répit fiscal bien mérité, et ce, après 16 ans d’augmentations successives. Il faut les en remercier.

Ce changement majeur est une victoire non négligeable pour les citoyens trifluviens qui en avaient vraisemblablement assez de la scandaleuse gloutonnerie des administrations précédentes. La présence de quelques esprits éveillés pour surveiller le pouvoir est souhaitable et saine en démocratie. Montesquieu, un des pères de la démocratie moderne, disait ceci: «Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.» Il est donc impératif, et c’est leur rôle de le faire, que les conseillers soient les yeux et les oreilles des citoyens au Conseil.

Déjà, les nouveaux venus ont obtenu plusieurs mesures attendues, dont l’application d’un code d’éthique digne de ce nom, une mesure qui limitera entre autres la distribution plus que généreuse des billets de faveur aux élus. Nous leur devons aussi la diffusion des séances sur internet et à la télévision locale. Il va sans dire que cette mesure ne pourra que relever la qualité des débats qui ne pouvait descendre plus bas. Plusieurs apprécieraient maintenant que l’on limite dorénavant les généreuses primes de départ et de réinsertion des élus, dont les montants ont été publiés récemment, afin qu’elles ne comblent que de réels besoins.

En l’absence d’un vérificateur général, depuis le départ d’Andrée Cossette, les nouveaux élus sont le seul cran de sécurité démocratique qui nous reste. C’est que le dernier rapport de la vérificatrice générale était tout sauf rassurant. Mme Cossette, qui semble difficile à remplacer, recommandait, entre autres choses, d’améliorer la gestion de la Ville et la reddition des comptes. D’ailleurs, l’éditorialiste Martin Francoeur, dans Le Nouvelliste du 19 septembre 2017, commentait lui-même le rapport en ces termes: «Mais là où elle frappe le plus durement, c’est en ce qui a trait à la gestion de certains grands projets, notamment le centre de congrès et le futur colisée. Compte tenu des montants impliqués pour la réalisation de ces deux grands projets, la population serait justifiée de s’inquiéter.»

Nous vivons à une époque où l’on semble facilement oublier les principes fondamentaux qui doivent gouverner nos démocraties. Un sentiment de ras-le-bol compréhensible porte les gens à se jeter sur le premier sauveur venu. Sauf que parfois un sursaut de clairvoyance porte les citoyens à se dire que poser quelques questions et regarder avant de sauter nous évitera peut-être la catastrophe!

Pascal St-Pierre

Trois-Rivières