Photo: Francois Gervais 
 19/09/19. TR, Ile St-Quentin. Marina de TR
Photo: Francois Gervais 19/09/19. TR, Ile St-Quentin. Marina de TR

Marina de l’île Saint-Quentin: des questions en suspens

OPINIONS / Comme tous ont appris dernièrement, le dimanche 17 novembre 2019 environ 50 membres sur environ 220 de la Marina de Trois-Rivières (OSBL) à l’île Saint-Quentin, se sont réunis en assemblée spéciale pour voter l’acceptation d’un nouveau bail avec la Ville de Trois-Rivières.

En apparence, on pourrait croire à un heureux dénouement. Mais ce n’est pas le cas. Il faut savoir que depuis plus de quatre ans, la Marina a tenté de négocier honnêtement avec la Ville le renouvellement de son bail finissant le 31 décembre 2016.

La Marina ne dépend pas de subventions, sauf pour quelques emplois d’été sur ses 10 employés saisonniers. Sans bail depuis janvier 2017, la Marina ne peut pas emprunter pour du financement pour ses immobilisations.

Selon le Commodore de la Marina, dans le Plan directeur confidentiel du développement de l’île Saint-Quentin de la Ville, sous l’égide du conseil municipal, la Marina de Trois-Rivières n’existait plus. Ceci a soulevé l’ire à propos des intentions de la Ville.

Monsieur Mario de Tilly (IDE Trois-Rivières) a été mandaté par le maire comme intermédiaire dans la crise entre la Ville et la Marina. Monsieur de Tilly a entre autres admis au jour à cette assemblée que le conseiller Pierre-Luc Fortin (aussi président de la Corporation de l’île Saint-Quentin) aurait personnellement exclu la Marina de l’île. Mais de son côté, Monsieur de Tilly aurait fait reculer les fonctionnaires et certains conseillers de la Ville, ce qui a permis à la Marina de rester à l’île.

Après la volte-face de la Ville, elle s’est empressée d’inclure la clause 4.9 expropriatrice, soit de «Trouver des alternatives pour mettre fin à (ou minimiser de façon importante) l’entreposage des bateaux, épaves et équipements variés sur son site» (pour 2022). La Marina devait accepter ce plan en échange de la signature du bail.

Affamer la Marina pendant trois ans est usuraire, arbitraire et coercitif. De plus, mettre fin au remisage sur l’île aura un impact direct sur la cinquantaine de gros voiliers, ces derniers ne pouvant pas aller sur la route à cause de leurs dimensions et poids excessifs.

En rendant ces faits publics, les fonctionnaires ont dû interpréter la clause. Par exemple, «la fin du remisage pourrait être de redéfinir l’aire de remisage», ou «de relocaliser des bateaux ailleurs», ou encore, «ça sera différent de ce que nous avons vécu jusqu’à maintenant». Pourtant, la fin du remisage (entreposage) est écrite noir sur blanc.

De plus, le conseiller Pierre-Luc Fortin a avoué personnellement qu’à son niveau l’intention est de relocaliser les bateaux dans un autre endroit, ceci pour la cause du développement durable. Mais à quel prix? La Ville a vraiment échoué en ne consultant pas des experts. Les gens qui connaissent le nautisme savent que dans notre région, il n’y a aucun autre site possible pour le remisage hivernal.

Théoriquement, un nouveau remisage coûterait aux concitoyens au moins un grand terrain pour 100 bateaux près du fleuve (>1,5 M$), un brise-lame pour la sécurité du personnel et du matériel (1 M$ à 2 M$), et des équipements de manutention (200 000 $). Pourtant, ces infrastructures sont déjà disponibles à l’île, sans aucun coût supplémentaire, et ce sont les membres de la Marina au fil des décennies qui les ont financés par leurs moyens.

Monsieur Fortin dit qu’il veut garder les voiliers à Trois-Rivières. Sans remisage, c’est impossible. Au lieu, les voiliers quitteront Trois-Rivières pour Québec, Portneuf, etc. Ils seront remplacés par des speed boats qui peuvent être transportés sur la route. Il faut aller plus loin pour connaître qui est à l’origine de cette clause de fin de remisage.

Claude Villemure

Trois-Rivières