Marcher pour mieux agir ensemble!

OPINIONS / Je marche. Vous marchez. NOUS marchons! Nous le faisons ensemble ce 27 septembre de partout sur toute la planète.

Aujourd’hui, nous sommes tous et toutes d’Afrique, ce continent berceau de l’humanité qui souffre tantôt de sécheresse, tantôt de pluies diluviennes ou d’extraction de son sol de nombreux minerais et de surpêche.

Aujourd’hui, nous sommes d’Asie, quand les eaux s’élèvent ou que les typhons déferlent et que les températures extrêmes s’expriment.

Aujourd’hui, nous sommes également d’Europe, voyant des grands feux déferler l’été et les pesticides envahir l’agriculture productiviste.

Aujourd’hui, nous sommes d’Amérique du Sud, de l’extrême pointe du Chili qui constate la fonte des glaciers, du Brésil qui subit les feux d’Amazonie pour faire place aux terres cultivables ou de la Bolivie qui voit des lacs s’assécher.

Aujourd’hui, nous sommes d’Amérique du Nord, qui voit ses communautés autochtones coincées entre un pergélisol qui fond ou encore des terres qui sont parsemées de puits de pétrole. Nous sommes aussi des Îles-de-la-Madeleine qui subissent les grands vents de Dorian ou du sud des États-Unis, constamment fragilisé par des tornades.

Mais aujourd’hui, nous sommes surtout Greta Thunberg ou Autumn Peltier, jeune leader autochtone, ou encore Vandana Shiva, écologiste indienne et Laure Waridel plus proche de nous, et des centaines de femmes ou d’hommes qui ouvrent des voies comme l’ont fait d’autres avant elles et eux. Nous sommes également l’une ou l’autre de ces écologistes, au nombre de 168, qui ont été assassinés en 2018. Nous sommes également l’un ou l’autre de ces 15 000 scientifiques représentant plus de 180 pays prenant la parole il y a moins d’un an dans la revue Bio Sciences afin de lancer un cri d’alerte devant la dégradation sans précédent de l’environnement. Nous sommes aussi le GIEC qui crie la détresse de l’humanité entière.

Aujourd’hui n’en doutons plus, il nous faut maintenant faire place à l’action. Il nous faut adresser des messages univoques à la classe politique. L’une est en campagne électorale au fédéral; il faut qu’elle se compromette dans des engagements structurants et concrets. Et à Québec, le gouvernement Legault doit s’activer sur le front de la lutte climatique et recentrer certains de ses mandats économiques. L’ensemble des municipalités doivent faire de même.

Aujourd’hui, il nous faut tout autant adresser des messages aux grandes entreprises mondialisées afin qu’elles agissent et ne cherchent plus la croissance économique à tout prix.

Aujourd’hui au Québec, dans mon collège public nous sommes en action, à Trois-Rivières nous marcherons, des entreprises privées, des organismes communautaires et des écoles sont fermés et à beaucoup d’autres endroits sur la planète nous sommes debout. Nous devons maintenant faire des choix individuels et collectifs éclairés. La volonté collective pour toute l’humanité doit être au rendez-vous. Le 27 septembre et après, agissons, prenons la parole pour dénoncer et proposer! Il est grand temps de le faire.

Jean Fournier

Professeur au Cégep de Trois-Rivières