Manque de personnel ou mauvais calculs?

Le manque de personnel en milieu hospitalier ne date pas d’hier à Trois Rivières et il découle directement des fusions forcées du début des années 2000. On a fermé deux hôpitaux dotés de deux urgences ouvertes 24 heures sur 24 en ayant la lubie des hauts fonctionnaires qu’un seul hôpital serait suffisant! Même si, dès les premières semaines, l’urgence s’est mise à déborder, les illuminés du ministère de la Santé ont fait fi du vieillissement de la population et de l’augmentation de la tâche en résultant.

Dès que le problème de manque de personnel s’est fait sentir, le syndicat s’est fait dire que l’hôpital n’avait pas d’argent pour engager du personnel! Alors ma question: si vous n’avez pas d’agent pour engager, où trouvez vous l’argent pour payer l’hécatombe de temps supplémentaire obligé ou non qui en a découlé?

On apprenait récemment que le CIUSSS-MCQ avait dû payer 221 000 heures de temps supplémentaire en 2017 pour les infirmières! 221 000 divisé par une semaine normale d’infirmière de 37,5 heures donnent l’équivalent de 5893 infirmières/ année manquante. 5893 divisé par 52 semaines donne un manque de 113 infirmières par semaine. Comme on a payé ces gens à temps et demi, 113 x 0,5 = 56,5 infirmières à temps complet de plus, soit 169,5 infirmières/semaine manquantes! Et ce n’est que la pointe de l’iceberg puisque les équipes devaient travailler en manque de personnel de soutien, ce qui alourdissait la tâche.

Cessez vos cachettes budgétaires car l’argent vous l’aviez puisque vous avez payé. Les travailleurs de la santé qui n’ont plus de vie normale depuis ces fusions auraient été en droit de s’attendre à être défendus par les différentes directions qui se sont succédé ou à tout le moins à un appui public des différents acteurs non syndicaux qui n’ont pas mis leurs culottes face à cet esclavage étatisé. Si toutes les directions d’établissements s’étaient levées d’un bloc pour contrer les effets des fusions dès qu’elles sont apparues au lieu de plier l’échine individuellement, on n’en serait peut-être pas rendu là. Ne dit-on pas que l’union fait la force? Les infirmières en sont présentement la preuve.

Jean-Noël Béliveau

Infirmier retraité

Trois-Rivières