Maman! J’ai mal au cœur!

OPINIONS / Lorsque j’étais jeune, en auto, j’étais malade; le «sapin parfumé» que mon père suspendait au rétroviseur me levait le cœur… et, systématiquement je régurgitais, sur le tapis de la voiture, mon repas du matin! Pas besoin de vous dire que papa... et mes frères et mes sœurs…

Un jour, papa comprit que si je m’assoyais sur le siège avant, entre lui et maman, bizarrement je n’étais plus malade.

Évidemment, avec deux frères et trois sœurs, sur le siège arrière, l’oxygène était rare! Dans ce temps-là, les ceintures de sécurité...

Aujourd’hui, je ne suis pas en automobile, ni assis entre papa et maman, et pourtant, j’ai mal au cœur! Maman, j’ai mal au cœur!

En cette fête des Mères, ce que j’aurais souhaité être assis entre papa et toi!

Papa n’est plus avec nous depuis son décès en 1987 mais toi, tu es là, à 97 ans… et pourtant… si loin derrière cette fenêtre qui nous sépare!

Maman, j’ai mal au cœur!

La COVID m’oblige à ne pas te serrer contre moi pour t’exprimer mes souhaits de «Bonne fête des mamans»!

Maman, j’ai mal au cœur, même à 65 ans. Et je ne suis pas en auto!

Sincèrement, maman, puis-je t’appeler par ton prénom, Julienne, «Geece» de surnom et «Mom» de familiarité, puis-je donc te dire que je suis là, dans le stationnement de cet établissement de Pointe-du-Lac, où tu demeures… pour te dire que… malgré mon mal de cœur, je t’aime du plus profond de mon cœur… qui a mal de ne pas te serrer contre lui!

Maman, «bonne fête des mamans» et tendres bises sur tes deux joues, que j’aurais tant voulu mouiller de mes lèvres. Maman, j’ai moins mal au cœur… que je t’aime!

Ton «Jeannot lapin», ton «John» au mal de cœur et pas juste en auto!

Jean Paquette

Trois-Rivières