Malaise en commun à Trois-Rivières

OPINIONS / J’ai pris l’autobus à Trois-Rivières pendant huit ans. Comme plusieurs, j’ai vécu certaines problématiques avec le service. Malgré tout, j’ai gardé un souvenir positif de tout cela. Utiliser le transport en commun nous permet de sortir de notre bulle et de rencontrer des personnes ayant une diversité de parcours.

Les services de la STTR étaient une situation temporaire pour moi. J’ai cependant constaté que choisir son moyen de transport était un privilège. Pour plusieurs, le choix est impossible à faire. Que ça soit par manque de moyens financiers ou par cause de limitations fonctionnelles.

Qu’on parle de l’ancien ou du nouveau réseau, le service du dimanche a toujours été problématique. Celui-ci débute vers 8 h 45 le matin et se termine tôt en soirée. Ce qui devient un véritable boulet pour les usagers qui tentent de trouver ou d’occuper un emploi. C’est aussi choquant pour les individus qui voudraient participer à des activités en matinée ou en soirée. Avec cette situation, on nie le droit à l’existence d’une partie de la population qui n’a pas d’autres possibilités de transport abordable. Nous venons donc créer une seconde classe de citoyens.

Ce qui me rend mal à l’aise, et devrait aussi rendre mal à l’aise une bonne partie des citoyens et de la classe politique, est le fait que nous n’avons toujours pas trouvé de solutions (ex: allonger les heures de services des circuits, taxi-bus) à ce problème depuis plusieurs années.

Pourtant, il y a eu des solutions et de l’argent pour l’amphithéâtre, le Colisée, le CECI, l’arrivée de bateaux de croisière et une multitude d’autres projets. Et certains sont même prêts à dire qu’il faudrait en donner encore plus à l’industrie du tourisme et du divertissement. Je n’ai rien contre cette industrie, mais je crois que nous avons des ressources limitées et qu’il faut faire des choix.

Ainsi, le fait que cette injustice perdure dans une ville avec le rayonnement de Trois-Rivières est un problème de volonté politique. Je suis conscient que le financement du transport en commun est aussi une responsabilité des autres paliers de gouvernement. Mais je me sentirais mal avec ma conscience de dire qu’il faut tolérer cette situation et pelleter des êtres humains «par en avant» en attendant qu’un autre palier de gouvernement trouve de l’argent alors que nous semblons en trouver pour d’autres choses.

Pour conclure, j’aurais également pu écrire sur les problèmes liés aux correspondances et à la fréquence de circuits. Cette situation a cependant amplement été couverte avant et après les changements aux circuits survenus en juillet 2019.

Alexandre Gervais

Trois-Rivières