Mais où est-ce qu’on s’en va?

OPINIONS / Il n’y a rien comme une bonne journée de tempête pour se mettre à jour dans sa lecture. J’ai de plus en plus de difficulté à comprendre ce monde qu’on dit de «rectitude» dans lequel nous vivons. Soit on s’offusque ou on se voile la face selon le côté de la clôture qu’on se tient. Après avoir tout fait pour détruire les religions, on s’étonne que les valeurs humaines qu’elles prônaient disparaissent.

On bannit la prière des assemblées publiques mais dès qu’il y a un événement de quelque importance, politique ou sportif, on invite les Premières Nations à venir nous faire un petit spectacle de danse avec tam-tams et incantations, qui sont des prières, dans aucune des langues du pays. Aujourd’hui, elles nous remercient à leur façon, par le déni de nos lois.

Les femmes ont lutté pour prendre leur place dans la société. On a assisté à l’éclosion du féminisme qui semble déjà quelque chose du passé. La Fédération des femmes du Québec a élu une transsexuelle qui ne cesse de faire des déclarations des plus insipides pour ne pas dire ridicules. Doit-on s’en surprendre quand on constate que ce qui est «in» depuis un certain temps c’est de profiter d’une émission populaire et de grande écoute pour faire son «coming out». Et que penser d’un enfant de quatre ans qui veut changer de sexe?

On a découvert que le fondateur de l’organisme L’Arche, considéré comme un saint homme, avait eu des relations sexuelles avec six femmes dans le cadre «d’un accompagnement spirituel». C’est affreux, mais il ne faut pas pour autant démanteler L’Arche, et les 154 communautés établies dans 38 pays, qui vient en aide à des milliers de personnes souffrant de défiance intellectuelle, depuis 49 ans déjà.

On peut condamner ses agissements mais aussi reconnaître ce qu’il a fait pour ces personnes qu’il qualifiait de «blessés».

En éducation, le mercredi 26 février, on apprend que l’œuvre satirique «Les 100 000 moyens de tuer un homme», de notre poète national Félix Leclerc, avait été mise au recyclage à la suite d’une plainte d’un parent.

Le problème n’est pas le texte mais c’est d’avoir toléré qu’un parent s’immisce dans le processus pédagogique d’une école et la direction de l’école qui s’est écrasée. Si des parents jugent que la chanson est trop violente, ils devraient plutôt regarder ce que leurs enfants voient et font sur leurs jeux vidéos. Mathieu Bock-Côté rappelle qu’en 2013, dans une école de Sorel, on avait amputé la chanson «L’hymne à l’amour» d’Édith Piaf de ses dernières lignes pour une évocation de Dieu réunissant ceux qui s’aiment! Scandale, on parlait de Dieu dans une chanson!

Dans le merveilleux monde du sport, on demande la suspension du permis de promoteur de boxe d’Yvon Michel, celui qui depuis des décennies déjà travaille à faire revivre la boxe au Québec et à lui redonner ses lettres de noblesse tout en aidant nos boxeurs locaux à se faire valoir, parce qu’il aurait «entaché la réputation» de la boxe professionnelle, car des membres du crime organisé auraient été assis aux premières loges, là où les billets sont à 250 $ et réservés aux journalistes et aux VIP, lors d’un gala. Quelle hypocrisie!

Au cinéma, on apprend que les féministes exaltées, que Guy Fournier appelle «les nouvelles sorcières», celles qui font de tous les hommes des violeurs en puissance, ont décrété qu’on ne pouvait dissocier un auteur de son œuvre.

Pour cette raison, dans le climat de peur de l’autocensure, aucun distributeur n’a osé assurer les droits pour présenter le film «J’accuse» de Roman Polanski, qui a raflé douze nominations pour les Césars et qui a gagné le Lion d’argent et le Grand Prix du jury à la Mostra de Venise. Ce manque de courage nous prive de voir un film historique de grande qualité.

On ne doit plus se surprendre de rien quand on lit qu’une étude sérieuse affirme que le monde muséal est sexiste parce qu’il y a plus d’animaux empaillés mâles que d’animaux empaillés femelles dans les musées de sciences naturelles... Comment ne pas rire?

Il semble que le gros bon sens disparaît quand on voit l’importance qu’on donne aux animaux depuis un certain temps; il y a même deux émissions de télévision qui leur sont consacrées. Et que dire des militants véganes qui s’attaquent aux boucheries parce qu’elles vendent de la viande animale.

Oui le monde est fou, fou, fou, et je crois qu’il est temps de revenir à la raison!

Gaston Bouffard

Shawinigan