Mairesse ou maire? Là n’est pas la question

Finalement, avec la démission du maire de Trois-Rivières, nous serons prochainement appelés à désigner une personne qui assumera les fonctions de mairesse ou de maire de la ville. La question qu’il faut donc se poser préalablement à notre choix est: qu’est-ce qu’une mairesse ou un maire au XXIe siècle?

Nous pouvons établir cette distinction par élimination: écrire les incompétences ou lacunes que nous ne voulons pas voir chez la personne à qui nous remettrons certains pouvoirs de décisions et de représentations. Pour ce faire, notre mémoire peut nous aider en nous référant à d’anciennes personnalités qui étaient trop grandiloquentes, impulsives, excessives, déraisonnables, démesurées, obsessives, brouillonnes, impatientes, paresseuses mêmes et moins efficaces et respectueuses envers les contribuables.

Il va sans dire que notre personne à choisir devrait être en bonne santé globale, car l’énergie à consacrer à la tâche semble être démesurée; mais c’est justement là l’erreur à ne pas commettre: perdre la santé pour la donner corps et âme à la ville! Cette personne sera altruiste certes, car le service aux citoyens exige cette vertu de l’esprit, mais pas question de considérer les gens comme des enfants, même si son devoir lui exigera de gouverner en bonne mère ou en bon père de famille. Le juste équilibre si difficile à maintenir.

On ne devient pas mairesse ou maire pour le salaire ni pour le prestige ni pour mettre la ville sur la carte géographique et politique. On le devient pour être au service d’une organisation municipale qui le demande. Faire respecter des principes de saine gestion administrative qui laisseront aux générations suivantes une ville en santé économique et financière. La maisonnée doit être en bon ordre, jamais délabrée ou négligée. Se souvenir que c’est dans la modération épicurienne que le bonheur se vit: «Peu suffit, trop nuit» me rappelle avec justesse mon professeur de philosophie, Jacques Senécal.

Un dernier point: les «lobbies», pour ne pas dire autre chose... Malheureusement, dans notre monde d’exploitation capitaliste, la nature humaine ne changera pas: l’argent et les profits sont encore trop souvent les seuls carburants. La question devient de plus en plus importante considérant l’immense défi sociétal de la crise climatique. Où tirer la ligne entre développement raisonnable et irraisonnable? Là, la personnalité et l’honnêteté intellectuelle devront s’imposer, sinon... Il ne faudra pas dire oui à tous les projets, car nous avons déjà gravement hypothéqué l’avenir de la ville et de la planète; celle-ci est limitée et la ville aussi. Rien ne sert de créer la richesse si elle n’est pas partagée équitablement.

Nous avons changé d’ère. En deux petits mots, il nous faut une personne posée et démocrate.

François Champoux

Trois-Rivières