Ma vie avec mon chien

OPINION / Voilà quatre ans, nous accueillions un nouveau membre dans la famille. Bulle est un chien d’eau portugais. Grâce à lui, je me suis mise à faire de la marche en forêt. Ensemble, nous avons découvert plusieurs sentiers aux alentours de Trois-Rivières. Tous sont beaux et valent la peine d’être visités. Le boisé dans lequel nous marchons quotidiennement est parfait. Il y a un petit ruisseau où les chiens peuvent se baigner et s’amuser. Les marcheurs se connaissent et prennent le temps de discuter lorsqu’ils se croisent. Au fil des ans, une communauté s’est formée. Certains membres ont fabriqué et installé des petits ponts pour rendre la traversée du ruisseau sécuritaire. Alors que d’autres font régulièrement l’entretien du boisé, ramassent les déchets, ou ouvrent les sentiers en hiver.

Alors que nous marchons entre amis, les chiens marchent en meute, en toute liberté. Il y a Bulle, le nageur; Léla, la gardienne de meute; Grâce, l’entraîneuse; Dalton, le curseur; la grande Rosie; la petite Rosie; Ugo, le chevreuil; Banner le perdu; Maya la chasseuse; Maya la jappeuse; les trois autres Maya; Angie; Arthur; Ulysse; Charlie; Chloé; Zoé; le Gros Marcus; le petit Marcus; la fringante Annette; les deux Charlie; Lulu; Boris; et bien d’autres. Ces marches nous font du bien. C’est une thérapie par la forêt pour nous, les humains et pour nos chiens qui sont équilibrés par le biais de leur liberté permise pour quelques heures.

Depuis quelques mois, nous sommes «illégaux» face aux règles imposées par le gouvernement du Québec puisque nous continuons de promener nos chiens en toute liberté, sans laisse, sur des terrains où nous avons longtemps eu la permission de le faire. Dans cette petite forêt, nous côtoyons des cyclistes, des marcheurs, des coureurs, des enfants… Plusieurs ont porté plainte auprès de la SPA parce qu’une meute de chiens curieux et libres, ça impressionne. Nous comprenons très bien leur point de vue. Mais, dans quelle mesure comprennent-ils le nôtre? La forêt, c’est notre liberté. Pourquoi vouloir nous l’enlever en faveur de l’application d’une loi sans réelle nuance mise en place pour rassurer certains humains qui, souvent, ne comprennent pas le bien-fondé de la liberté des chiens pour assurer leur équilibre, et le nôtre? Nous en avons tellement besoin. Et ce n’est pas dans un parc à chiens que nous pourrons y parvenir.

Louise Cadieux

Trois-Rivières