Ma famille et le coronavirus

OPINION / Aujourd’hui, un défi digne d’une période sombre commence. Chaque époque aura eu ses épreuves. Certains ont connu la guerre, d’autres l’exode, la grande crise. Nous sommes confrontés à un vil ennemi.Cet ennemi, le coronavirus, amène avec lui d’autres menaces possiblement aussi grandes.

Le confinement. Ma maison est devenue une semi-prison.

Traditionnellement cet espace vital étant occupé de façon partielle est maintenant sollicité à temps plein. Quel malheur! Télévision, ordinateur, radio, livres, nourriture, chaleur, confort, ma famille, du temps, des marches de santé, du télétravail dans mon cas.

Oui, depuis le confinement, j’ai eu plus de discussions profondes que dans la dernière année sur l’essence de la vie. Mais est-ce si dur vu l’enjeu?

Dans mon ancienne vie d’homme libre, je pouvais aisément fuir. Dans des courses folles après je ne sais quoi, on était tout le temps en mouvement. Voguer de besoins discutables en besoins discutables.

Soyons honnêtes, il y a de vraies épreuves avec pas mal plus d’impact que cela. La réalité et les malheurs ne seront pas tous égaux. Souvent les plus vulnérables seront les plus touchés. L’un aura perdu un montant à la bourse ou sera confiné avec tout le confort digne du tout inclus; l’autre aura perdu son emploi, ou son commerce, ou pire sa maison.

C’est vis-à-vis ces gens qu’il faut penser et agir. Ce virus est probablement le signe d’une nouvelle ère. Une nouvelle façon de vivre. Collectivement, un jour, ici à l’échelle de la planète, il y aura un bilan c’est sûr. Il ne faudra pas oublier ces gens.

Aujourd’hui, l’urgence réside à se conformer rapidement. Pour limiter dans le temps et dans l’intensité ce fléau. Notre capacité de s’adapter et à être disciplinés fera la différence. Notre défi est que le nous doit l’emporter sur le moi, l’essentiel sur le matériel, la santé sur la maladie, le bien commun sur le bien individuel.

Difficile pour nous, occidentaux, où notre balance de valeurs penche un peu trop du côté du moi. Apprenons cet aspect du bien commun et qui apporte des succès dans cette guerre au virus et du après.

En perspective, notre situation québécoise par rapport au reste de la planète reste encore enviable à bien des niveaux. Certainement une des principales raisons est un gouvernement québécois intègre et proactif à notre image, qui a fait les bons choix. Avec sa vision de faire confiance à l’intelligence des Québécois. Montrons-lui qu’il a eu raison.

Notre modèle québécois, nos valeurs, notre discipline et notre capacité à se mettre en marche ensemble feront la différence. C’est dans l’adversité que l’on voit un grand peuple et le Québec en sera un, je l’espère. Le combat sera long et nous aurons tous besoin les uns des autres, pendant et après.

Luc Gélinas

Shawinigan