Yves Perron est député de Berthier-Maskinongé.
Yves Perron est député de Berthier-Maskinongé.

Ma collaboration pour reconstruire la maison

OPINIONS / L’auteur, Yves Perron, est député de Berthier-Maskinongé à la Chambre des Communes. Il est porte-parole du Bloc québécois en agriculture, agroalimentaire et gestion de l’offre. Il répond ici à la lettre intitulée «Un plan pour reconstruire la maison», signée par plusieurs citoyens engagés de sa circonscription et publiée le 16 avril dernier.

Dans le contexte de la crise de la COVID-19, plusieurs choses sont remises en question. La période de confinement est l’occasion pour nombre d’entre nous de réfléchir et de reconsidérer la valeur de ce producteur du village voisin, en mesure de nous nourrir. Considérant votre souci pour l’environnement et l’achat local, je présume que vous avez pris connaissance de ma sortie publique à cet effet il y a quelques jours.

En ces temps difficiles, nous pouvons prendre la pleine mesure de l’importance de nous assurer une autonomie alimentaire. Par l’achat local et de proximité oui, mais aussi par une réflexion plus poussée sur le trajet que doivent suivre les aliments que nous consommons. Il faut analyser chacune des facettes de notre chaîne alimentaire et y mettre l’ordre nécessaire. De la production à la consommation en passant par la transformation. Certains secteurs de notre système agricole et agroalimentaire devront donc peut-être être soutenus davantage dans l’avenir.

Au niveau du développement, non seulement avons-nous le devoir de mesurer l’impact global de chaque nouveau projet, mais aussi avons-nous l’obligation de bien évaluer ce qui doit être maintenu ou non dans nos activités actuelles. Ainsi, par exemple, un soutien à l’industrie pétrolière pourrait actuellement sembler irrationnel. Il n’est pas ici question de ne pas soutenir les populations de l’Ouest, simplement de les soutenir différemment, en investissant dans la transition juste. La relance économique doit servir à construire une économie plus résiliente, pas à soutenir artificiellement un secteur qui n’est viable ni écologiquement, ni économiquement.

Tous ces changements prendront du temps. La réflexion est débutée et elle doit se poursuivre. De nombreuses embûches se placeront sur notre chemin. C’est en étant positifs, calmes et réfléchis que nous arriverons à avancer et c’est dans la collaboration que nous trouverons les moyens de cheminer. Le Québec a tous les atouts nécessaires pour réaliser la transition et se projeter avec confiance dans le 21e siècle. Bien que convaincus qu’un Québec indépendant serait plus à même de relever ce défi, les élus du Bloc québécois sont prêts à collaborer pour faire avancer la cause environnementale au niveau fédéral.

À titre de député fédéral de Berthier-Maskinongé depuis quelques mois, je suis à même de constater les limites des actions individuelles. D’où la très grande importance de la coopération, de l’échange d’information et de l’entraide. Chaque geste est important et n’oublions jamais qu’un petit pas solide vers l’avant est préférable à une grande enjambée inefficace. Le monde du commerce international recommencera à tourner bientôt et une économie ouverte comme celle du Québec continuera d’en profiter. Nous pouvons cependant améliorer les choses en établissant des bases locales solides et en exprimant les limites que nous ne voulons plus traverser.

Notre projet de loi visant la protection du système de gestion de l’offre en est un bon exemple. Car au même titre que pour la culture, je considère qu’il doit exister une certaine exception agricole.

Je vous remercie pour la lettre que vous m’avez adressée, elle témoigne de votre engagement à construire un avenir meilleur. Comme je connais plusieurs d’entre vous personnellement, vous savez déjà que vous trouverez en moi un allié sensible.

Ainsi, dans les limites des pouvoirs et des responsabilités qui m’incombent, je vous assure ma sincère collaboration pour la suite des choses.