Lutte pour arrêter le programme de démoustication de masse: David contre Goliath

OPINIONS / La protection de nos lacs et rivières, de nos forêts, de l’équilibre fragile de notre biodiversité contre le pouvoir et l’argent.

N’est-ce-pas utopique de penser qu’on puisse épandre année après année un pesticide pour éliminer une strate d’insectes piqueurs sans penser avoir un impact sur l’équilibre fragile de notre biodiversité?

D’un côté une industrie du BTI dominante, une entreprise internationale gigantesque, des lobbyistes influents, des élus de tous les paliers (provincial et municipal) qui se font envoûter par les promesses magiques de cette industrie.

De l’autre côté des groupes de citoyens qui veulent faire arrêter la démoustication de masse.

À Shawinigan, cette lutte se poursuit. D’un côté, la Ville et ses élus qui usent de leurs pouvoirs et de tactiques discutables pour entretenir ce mythe de démoustication de masse sans impacts pour la biodiversité, utilisant les fonds publics pour promouvoir et défendre ce programme.

De l’autre côté, un groupe de citoyens et de propriétaires qui veulent arrêter l’épandage de BTI sur leurs propriétés sans leur autorisation, en demandant à la Ville de respecter la loi sur les compétences municipales (la Ville n’a pas obtenu le consentement de tous les propriétaires des immeubles visés avant de procéder a des travaux d’épandage de pesticides sur ceux-ci selon l’article 53 de la Loi sur les compétences municipales (C-47.1)) et les directives du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (la Ville n’a pas demandé l’autorisation des propriétaires pour procéder à l’épandage de pesticide sur une propriété privée tel que prévu par la directive 017 au point 5.1.4).

Nous sommes pour la plupart en zone non urbaine où la densité de population est faible. Pourquoi traiter tout ce territoire de 6801.02 hectares pour quelques semaines de moustiques? C’est un pari écologique risqué.

Il est temps d’aiguiser notre esprit critique et se demander pourquoi la Ville autorise la démoustication de masse sans en avoir demandé préalablement l’avis de la population par un vote démocratique? Pourquoi toutes les études en faveur du BTI sont produites par cette même industrie? Pourquoi Santé Canada dit oui au BTI et Parcs Canada dit non au BTI? Pourquoi le ministère des Affaires municipales et le ministère de l’Environnement ne font pas respecter leurs lois et leurs directives? Pourquoi la Ville publie un formulaire d’exclusion la journée même du début de l’épandage? Pourquoi un sondage non annoncé basé sur la perception d’un service sans donner toute les informations vient ainsi biaiser les résultats en fanfaronnant une acceptabilité d’un programme de démoustication de masse au BTI?

Est-ce que poser la question c’est y répondre?

Espérons que cette fois l’environnement et quelques citoyens feront le poids contre des contrats de plusieurs centaines de milliers de dollars.

André Berthiaume

Lynn Gravel

Richard Dubé

Shawinigan