L’UQTR: sa pierre d’assise contiendrait-elle de la pyrrhotite?

Tel un capitaine qui décide de jeter l’ancre, la direction de l’Université a décidé, elle aussi, de «jeter l’encre» et a décrété un lock-out (levé depuis) contre ses professeurs.

Lors de son message annuel, livré le 3 octobre 2017, le recteur de l’UQTR, M. Daniel McMahon mentionnait: «La mobilisation de la communauté universitaire; c’est là que réside le véritable secret de notre réussite. […] La bonne réputation de l’UQTR, […] provient de l’engagement, de l’enthousiasme et du travail constant de tous les membres de la communauté universitaire. […] Ces valeurs capitales demeurent la pierre d’assise de toutes nos actions».

Aujourd’hui, il semble que ladite pierre d’assise contient de la pyrrhotite; elle se lézarde, s’effrite et casse.

Prions donc que les «pieux» tiennent le coup!

Dans le Plan stratégique 2015-2020 de l’UQTR, il est écrit que: «l’UQTR veut promouvoir les pratiques soutenant le développement d’un environnement stimulant et sain. Le mieux-être et l’implication de la communauté universitaire enrichissent la vie sur le campus et contribuent au maintien d’un environnement stimulant».

Notamment, l’objectif 5.2.1 de ce Plan précise: «renforcer le sentiment d’appartenance et l’engagement des membres de la communauté universitaire. […] De ce fait, l’Université s’engage à offrir aux membres de sa communauté un milieu de travail et d’études sain, sécuritaire et motivant […]».

Aujourd’hui, on le constate, «un milieu de travail et d’études sain» ne signifie pas ipso facto un esprit sain dans un milieu sain et encore moins «un esprit saint dans un milieu saint»!

Par sa politique institutionnelle: Prévenir et enrayer le harcèlement, la discrimination et l’incivilité, l’UQTR affirme que: «L’Université veut promouvoir un milieu de travail et d’études sain et sécuritaire dans lequel les personnes sont traitées avec respect et dignité».

Aujourd’hui on le vit: vouloir «sainthèser la gouvernance» c’est reconnaître un «climat mal-saint»; prions alors pour évincer le diable de la cabane!

Notre temple, de la soi-disant haute culture, devra-t-il chasser son divin seigneur et certains de ses disciples, par exemple, par l’imposition d’une tutelle, pour enfin se consacrer à ses missions qui consistent notamment à:

• offrir à chaque membre de la communauté universitaire d’être traité avec respect et dignité;

• assurer un milieu de vie sain, exempt de discrimination et d’incivilité;

• reconnaître la personnalité, les talents et les compétences de chacun;

• maintenir un climat de vie universitaire sain, stimulant, motivant et épanouissant;

• intégrer les principes de développement durable dans l’ensemble des pratiques de gestion, principalement au niveau de la gestion des ressources humaines pour tous les employés de l’Université.

Faudra-t-il attendre que le personnel de l’Université exprime sa honte de travailler à l’Université du Québec à Trois-Rivières pour enfin se décider à redonner à l’Université ses lettres de noblesse?

La levée du lock-out ne change rien, puisque la «racine du mal» est toujours là; le naufrageur sévit, en effet, toujours!

Réglons donc rapidement ce conflit afin que renaisse cette Université désormais purifiée qui, il n’y a pas si longtemps, trônait fièrement au palmarès des «Grandes institutions québécoises»!

Redonnons, aux étudiants, aux employés et à la région, cette fierté d’une université saine et épanouie.

Souhaitons maintenant que la triste et déshonorable situation actuelle nous oblige à réfléchir à la fois sur la fragilité, la force et la puissance d’un milieu qu’on souhaite stimulant, comme celui de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Jean Paquette

Coordonnateur à l’UQTR de 1976 à 2016

Trois-Rivières