L’union plutôt que la division nous aidera à traverser la crise actuelle

OPINIONS / L’auteur, Réjean Nadeau, est président-directeur général d’Olymel.

Dans l’édition du Nouvelliste de Trois-Rivières du samedi 3 avril, le délégué en chef du syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, Local 1991-P, représentant les employés de l’usine d’Olymel à Yamachiche, monsieur Janick Vallières, prétend que la direction de l’entreprise a fait preuve d’amateurisme et d’improvisation dans la gestion de la crise du coronavirus dans cet établissement. Bien que monsieur Vallières reconnaisse que l’entreprise ait pris des initiatives utiles envers ses travailleurs, je tiens à m’inscrire en faux contre ces allégations.

Sans doute, notre gestion de cette crise n’a-t-elle pas été parfaite, mais je ne peux laisser dire qu’Olymel n’a pas tout mis œuvre pour empêcher la propagation de la COVID-19 et protéger ses employés. Malheureusement, les moyens déployés à Yamachiche n’ont pas suffi à endiguer la propagation du virus, comme c’est aussi le cas ailleurs dans le monde. C’est la raison pour laquelle le 29 mars dernier, l’entreprise a décidé, de concert avec les autorités de santé publique, de fermer l’usine de Yamachiche pour une période de 14 jours, permettant à l’ensemble des employés de cet établissement de se placer en confinement préventif.

UNE CRISE SANS PRÉCÉDENT

Cette crise sanitaire est sans précédent. La direction et le personnel d’Olymel, comme beaucoup d’autres entreprises, ont dû s’adapter de jour en jour, réévaluant et ajustant les moyens à mettre en œuvre dès qu’il était possible de le faire. Des ressources médicales spécialisées visant à conseiller l’entreprise ont été recrutées. Des bulletins sur les mesures d’hygiène additionnelles, sur la détection des symptômes, sur les équipements supplémentaires à porter, sur la distanciation sociale, sur des plans d’action pour la réorganisation physique du travail, sur les recours pour ceux qui ne peuvent rentrer au travail et sur beaucoup d’autres aspects de la lutte à la propagation du virus, ont été distribués dans tous nos établissements de transformation, incluant celui de Yamachiche.

Réjean Nadeau

Toutes les propositions formulées à Yamachiche, qu’elles aient émanées des membres de la direction, des employés eux-mêmes ou de leurs représentants syndicaux, ont été évaluées. Celles qui n’étaient pas faisables pour des raisons liées à la configuration des lieux ou à l’organisation du travail, comme la répartition du travail sur sept jours, ont été remplacées par d’autres mesures plus applicables. Les navettes de transport en provenance de Montréal dont les responsables devaient déjà imposer des mesures pour éviter la propagation du virus ont été interrompues lorsque les autorités de santé publique ont estimé qu’elles pouvaient être un vecteur de la maladie. La décision de fermer temporairement l’usine de Yamachiche a alors été prise. Nous avons agi de manière responsable comme nous le faisons dans tous nos établissements.

LA FAÇON DE TRAVAILLER VA CHANGER

Les gouvernements, les autorités de santé publique, les entreprises et le monde entier vivent une période dans laquelle toutes et tous se voient forcés de s’adapter et d’imaginer la vie et le travail autrement que ce que l’on a connu jusqu’à présent. Si cela s’avère possible et avec l’accord des autorités de santé publique et la coopération de toutes les instances présentes dans l’usine, notamment l’Agence canadienne d’inspection des aliments, mais aussi le syndicat des TUAC-Local 1991-P, Olymel planifie la réouverture de l’établissement de Yamachiche qui joue un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire. Cela se fera avec en tête et comme priorité la santé de nos employés.

J’invite M. Vallières et son syndicat à l’ouverture et à la collaboration et je l’assure qu’il trouvera dans les représentants d’Olymel des interlocuteurs tout aussi ouverts et coopératifs, comme nous tentons de l’être en tout temps. Cette coopération, nous la devons à nos employés et M. Vallières la doit à ses membres, en ayant tous en ce moment à l’esprit la santé de ceux et celles qui ont contracté le virus et que nous souhaitons voir rétablis et réunis avec leurs proches.