Trois-Rivières a maintenant un nouveau rendez-vous cinématographique annuel. La première édition du festival TR-IFF a été présentée avec succès ces derniers jours. On aperçoit sur la photo Stella Montreuil, trésorière, Gaétan Boivin, président-directeur général du Port de Trois-Rivières, commanditaire majeur du festival, ainsi qu’Amina Chaffaï, présidente du c.a. du TR-IFF.

Longue vie au TR-IFF!

À titre de professeur retraité du Laflèche, l’un des partenaires du TR-IFF (Trois-Rivières Images, Fêtes et Films), les autres étant la Ville de Trois-Rivières, le Port de Trois-Rivières et Marmen, de même qu’avec la collaboration de Ciné-Campus, j’ai animé durant ce nouveau festival international de cinéma des rencontres publiques avec le réalisateur Francis Leclerc, dont le récent film Pieds nus dans l’aube m’a ému, avec Sylvain Bellemare, gagnant de l’Oscar du meilleur montage de son pour le film L’Arrivée, de Denis Villeneuve, ainsi qu’avec Martin Laroche et Isabelle Blais, respectivement réalisateur et comédienne du film Tadoussac, dont les dernières scènes, bouleversantes, me hantent.

Ces ciné-rencontres auront permis au grand public de la région de mieux approfondir sa relation au septième art. À ce propos, j’ai d’ailleurs été frappé par la pertinence et la richesse des interventions de la salle, chaque fois nous ayant fait voir, grâce à un commentaire ou à une question, le cinéma sous un autre angle, amenant ainsi un réalisateur, un monteur de son ou une comédienne, à nous faire part tantôt d’un obstacle imprévu tantôt d’une joie soudaine. 

Je songe entre autres à cette remarque de Sylvain Bellemare insistant sur le fait que l’une des caractéristiques du cinéma québécois, comparé à celui d’Hollywood et des majors, tient à la créativité, à l’audace, peut-être même à la folie, toutes nécessaires à la réalisation d’un film avec de tout petits budgets, une toute petite équipe, durant un tout petit tournage. Comme pour lui donner raison, Martin Laroche soulignait dimanche à la salle Léo-Cloutier que son film Tadoussac a dû compter sur un budget de 250 000 $ et se limiter à un tournage de quinze jours (selon des sources du Wall Street Journal, le budget de réalisation du blockbuster «La Ligue des justiciers» avoisinerait les 300 millions de dollars américains: beaucoup d’argent pour aucune âme). Malgré ces contraintes de tournage et budgétaires, Tadoussac est réussi. D’une vérité semblable à celle que l’on retrouve dans la tragédie grecque, où l’on arrive à conclure que la culpabilité d’une mère et que l’innocence d’une fille abandonnée se rejoignent et communient le temps d’une conversation téléphonique, et poussent les spectateurs à franchir le cap des jugements rapides pour naviguer sur les eaux profondes et calmes d’une humanité fragile, toujours en quête de sens, fixant dans le noir l’étoile du pardon, signe d’une réconciliation possible avec l’absurde et la mort.

En terminant, je tiens à souligner le travail du directeur général du TR-IFF, Michel Cloutier, celui de la présidente du conseil d’administration, Amina Chaffaï, ainsi que celui de Stella Montreuil et de Gilles Leblanc, des techniciens et nombreux bénévoles ayant œuvré jour après jour, et certains parmi eux depuis fort longtemps, à la mise sur pied d’un festival international de cinéma, dont les rêves me semblent non seulement légitimes, mais porteurs d’une ambition ayant des retombées déjà positives sur notre ville d’art, d’histoire et de culture.

Sans les membres du conseil de direction du TR-IFF, sans les partenaires, sans les techniciens et les bénévoles, sans les cinéphiles, le TR-IFF ne serait
rien d’autre qu’un projet avorté. Mais il est aujourd’hui bien vivant. Et je lui souhaite une belle et longue vie.

Christian Bouchard

Professeur retraité du Collège Laflèche

Trois-Rivières