L’oléoduc est bel et bien inacceptable

OPINION / En réponse à la lettre d’opinion de Thierry Évrard intitulée «Pour un oléoduc acceptable au Québec», publiée dans notre édition du 4 mars dernier.

Dans une récente lettre d’opinion, M. Thierry Évrard prétend qu’un oléoduc qui transporterait du pétrole de l’Alberta à travers le Canada, pourrait être acceptable.

Au Québec ou ailleurs, l’exploitation des énergies fossiles est devenue inacceptable. Vous êtes préoccupé par l’environnement? Alors, il faut vous informer davantage sur les hydrocarbures.

Il faut savoir que l’oléoduc Énergie Est qui devait traverser le Canada, entre autres le Québec, devait passer dans Trois-Rivières. Et selon les plans de la compagnie TransCanada, l’oléoduc devait passer à seulement 10 km en amont de la principale prise d’eau potable de la ville, ce qui aurait été catastrophique pour notre approvisionnement en cas de déversement.

Accepter Énergie Est, c’était accepter l’expansion des sables bitumineux, donc l’augmentation des gaz à effet de serre, de mettre en danger l’eau potable de la rivière des Outaouais, du fleuve Saint-Laurent, de la rivière Saint-Maurice et de plus de 830 autres cours d’eau au Québec. Ce pipeline prévoyait transporter 1,1 million de barils de pétrole brut par jour. En cas de fuite, la compagnie nous promettait un temps de réaction de 13 minutes. À 1,1 million de barils par jour, sachant qu’un baril équivaut à 159 litres, faites le calcul d’un déversement de 13 minutes; plus de 1,5 million de litres déversés dans la nature, et ça si la compagnie répond vraiment en 13 minutes. Imaginez une fuite de pétrole de plus de 1,5 million de litres en amont de notre prise d’eau potable. Il faut aussi savoir qu’un seul litre de pétrole peut contaminer 2 millions de litres d’eau. Essayez aussi d’imaginer un déversement en hiver. Pas une compagnie pétrolière ne sait comment nettoyer une fuite de pétrole sous la glace. Pas une.

Le projet Énergie Est n’avait aucun avantage économique pour le Québec, car il ne faisait que passer. Ce pétrole était destiné principalement aux marchés internationaux. Très peu pour le Québec.

Plus de 300 municipalités au Québec, touchées par ce passage, Trois-Rivières compris, ont voté des résolutions signifiant au gouvernement leurs refus du passage de cet oléoduc. Dans le cas de Trois-Rivières, ce fut la résolution C-2015-0357.

Malheureusement, vous perpétuez une fausse croyance au sujet de la provenance du pétrole au Québec. Il ne provient à peu près plus du Moyen-Orient. Or, le pétrole au Québec provient essentiellement de l’Ouest canadien et des États-Unis.

Ne vous trompez pas, les compagnies pétrolières travaillent très fort à nous garder dépendants de ce pétrole. Ils nous tirent vers le bas et influencent les gouvernements dans le but se faire subventionner à coups de milliards.

Il y a des solutions, des énergies renouvelables et plus propres. Ce qui manque, c’est du courage politique et la volonté des citoyens à changer leurs habitudes de vie.

Christiane Bernier

Trois-Rivières