Lock-out à l’UQTR: une entorse à la démocratie

L’imposition du lock-out par l’administration de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) à l’encontre de ses professeures et professeurs a de quoi surprendre. Cette approche des relations de travail va à l’encontre des bases les plus fondamentales et essentielles. Alors que l’on prône, depuis les débuts du réseau de l’Université, des principes de gestion collégiale, de collaboration, d’échange, de débat et de discussion, le lock-out vient saper des années et des décennies d’efforts en ce sens afin de mettre en place une dynamique démocratique institutionnelle.

Selon le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, le lock-out a pour objet de contraindre des employées et employés à accepter les conditions de travail offertes par le biais du refus de leur fournir du travail.

Dans le cas qui nous concerne, l’administration de l’UQTR veut donc obliger ses professeures et professeurs à accepter certaines conditions de travail. La façon de faire a de quoi surprendre! Le dialogue avait pourtant toujours lieu entre les différentes parties impliquées dans les négociations. Certes, certains points faisaient l’objet de débats animés. Toutefois, ceux-ci sont nécessaires à l’esprit d’un échange sain et démocratique. L’espace public, tel que l’on le conçoit dans nos sociétés contemporaines, appelle justement à ce choc des idées.

Dans le cadre de nos collectivités et organisations se voulant de plus en plus innovantes, ce choc des idées est même nécessaire. Il permet à l’ensemble des parties impliquées de s’exprimer, il appelle également à la recherche de compromis de part et d’autre. Le lock-out n’appelle toutefois pas à cette réalité: il impose ou tente d’imposer par la force. Pourtant, la situation prévalant à l’UQTR en était toujours au possible dialogue. Les professeures et professeurs n’avaient pas encore voté une grève. L’imposition d’un lock-out au lieu de la discussion entre les parties, ce n’est, ni plus ni moins, qu’une entorse à la démocratie.

Christian Bélanger

Titulaire d’un doctorat en développement régional

Bachelier en communication sociale (2001)

Chargé de cours à l’UQAC