Donald Trump

L’insoutenable pesanteur de Trump

Le phénomène ou plutôt le désastre Trump ne cesse de prendre du poids.

Du haut de sa tribune présidentielle, le voilà qui tentait, récemment, de s’adresser à la nation pour tenter de faire tourner le vent en sa faveur et faire pencher la balance de son côté. Ce Yankee grassement enrichi n’a pas l’allure ni l’intelligence d’un président. C’est plutôt une sorte de magnat douteux de l’immobilier dont les idées sont aussi creuses, écrasantes et immuables que les fondations de son empire.

Malgré tout, il est encore soutenu lourdement par la populace mid-américaine, laquelle est bien loin d’être le moindrement instruite. Attachée à ses sous, elle constitue un terreau homogène, inculte, favorable aux inepties de «son» Trump, d’où il lui est facile de prélever une cohorte de supporteurs, un bataillon de «suiveux».

Comment ce 45e président, un arriviste comme lui, a-t-il pu se hisser sur le socle des Jefferson, Lincoln, Roosevelt? Avec le poids d’un clown dont la pesanteur de jugement le pousse à user partout de provocations vulgaires, infantilistes, simplistes.

Pesanteur politique aussi, «avec des comportements erratiques, des analyses partiales et tendancieuses, des déclarations loufoques», ne se gênant pas de foutre partout le bordel sur la scène internationale, au grand plaisir de la droite occidentale contemporaine. Le «trumpisme» accentue, propose, que dire impose une approche brutale et narcissique, tout comme l’homme, pesant de tout son apparent prestige sur la diplomatie américaine, autant à l’interne qu’à l’externe. Pourtant, rien ne pèse moins actuellement au pays de l’oncle Sam que les principes, les valeurs, les orientations stratégiques.

Rarement a-t-on vu à la tête de l’empire américain un tel potentat péter aussi effrontément et avec autant d’aisance dans la graisse de sa suffisance bourgeoise et déblatérer sans la moindre honte autant d’âneries, d’allégations douteuses et de fausses vérités.

Avec un tel comportement, on ne peut pas douter que Trump est assujetti à la pesanteur terrestre. Cet homme aurait eu besoin d’un peu de philosophie pour faire contrepoids à sa masse inculte et l’inciter à soupeser «l’insoutenable légèreté de l’être». Il aurait pu ainsi apprendre que les grands humanistes qui passent à l’Histoire ne sont pas ceux qui bâtissent des murs, mais bel et bien ceux qui érigent des ponts. Insoutenable pesanteur de son esprit, qui le rend inapte à voir plus loin que son toupet en or!

Claude Parenteau

Shawinigan