Prime Minister Justin Trudeau makes an announcement at Yorkwoods Public School, in Toronto, Ont., on Wednesday, Aug., 26, 2020. THE CANADIAN PRESS/Christopher Katsarov
Prime Minister Justin Trudeau makes an announcement at Yorkwoods Public School, in Toronto, Ont., on Wednesday, Aug., 26, 2020. THE CANADIAN PRESS/Christopher Katsarov

L’immense atout du fédéral

OPINION / On a encore vu, le mardi 25 août dernier, Justin Trudeau se faire généreux et annoncer 2 milliards $ pour la rentrée scolaire. Facile, le gouvernement fédéral par le biais de la Banque du Canada imprime de l’argent.

L’allègement quantitatif constitue l’immense atout du fédéral en ces temps de COVID. Gageons que ça va entrer dans l’histoire. Et que les «pauvres» provinces – n’ayant pas de banque centrale – vont s’en souvenir jusqu’à la fin des temps…

Personnellement, c’est par le biais d’une infolettre de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) que j’ai appris, au début de la pandémie, le mécanisme. Philippe Langlois expliquait que l’État canadien avait recours à cette politique relativement nouvelle chez nous qui voit la Banque du Canada créer de l’argent pour ensuite l’utiliser pour acheter des obligations du Canada; une simple opération comptable entre les différentes composantes du grand ensemble des finances publiques qui se nomme l’allègement quantitatif.

Le déficit augmente dans le budget du gouvernement? C’est une dette qu’il se doit à lui-même; il peut toujours créer plus d’argent pour rembourser ces emprunts-là.

On apprenait dans cet article que l’allègement quantitatif était une pratique relativement récente, mais pas inédite; que le Japon, par exemple, effectuait ce genre d’opérations financières depuis 2001 et que les États-Unis y ont eu recours massivement à partir de la récession de 2008.

«Il n’y a pas si longtemps, l’idée de créer autant d’argent à partir du vide pour l’injecter massivement dans l’économie, résumait M. Langlois, aurait soulevé un tollé chez la majorité des économistes. Il y a bien sûr quelque chose de troublant lorsqu’on pense à cette création “facile” et “gratuite” d’argent qui est distribué à coups de centaines, voire de milliers et de milliards de dollars. […] si un pays, seul, se lançait dans l’allègement quantitatif, il pourrait voir la valeur de sa monnaie baisser par rapport aux devises étrangères, mais présentement, ce n’est pas le cas: presque tous les pays développés du monde [le] pratiquent d’une façon ou d’une autre, donc c’est là un danger peu probable». Un autre atout de cette opération en ce moment est que ces milliards sont prêtés au gouvernement à de bas taux.

Réjean Martin

Trois-Rivières