L’auteure de ce texte souhaite que les élus et la communauté trifluvienne se lèvent pour faire savoir qu’ils ont à cœur la revitalisation du lieu historique national des Forges-du-Saint-Maurice.

L’histoire qui était coulée dans la fonte

OPINIONS / Cette lettre d’opinion se veut un appui à celles déjà publiées de Monsieur Alain Tapps et Monsieur Jean-François Aubin.

Je suis bien contente que l’éditorial de Martin Francoeur ait suscité des réactions car avec les coupes de l’année 2012 aux Forges du Saint-Maurice, il commençait à être temps qu’on recommence à parler des Forges et qu’on lutte contre la dépréciation des lieux.

Petit retour en arrière. Les coupes budgétaires en 2012 ont sonné le glas aux visites guidées quotidiennes qui avaient lieu depuis les fouilles archéologiques dans les années soixante-dix. La période d’ouverture du site a été réduite tout comme l’entretien fait sur les lieux. De plus, les nombreuses activités spéciales comme les ateliers de moulage ou bien les pièces de théâtre ont été retirées de la programmation. Logiquement, l’achalandage des Forges du Saint-Maurice a drastiquement chuté.

Là où le bât blesse, c’est que les sites de Parcs Canada reçoivent généralement du financement selon le nombre de visiteurs qu’ils attirent. Si les services aux visiteurs sont diminués, on ne peut s’étonner que l’achalandage baisse. Mais si on n’investit pas car l’achalandage n’est pas suffisant, comment veut-on attirer plus de visiteurs? C’est un cercle vicieux. Si on veut du monde, il faut attirer du monde. Et ça, ça passe par des activités.

Pour y avoir été récemment, j’ai constaté que les chemins étaient peu entretenus et que la végétation s’emparait des vestiges. Pour ce qui est des services aux visiteurs, il y a deux grandes expositions ainsi qu’une vidéo et une petite présentation faite par un guide. Le site des Forges est riche en vestiges mais il est aussi très technique ce qui fait que sans guide, il peut être très difficile de comprendre l’endroit où l’on se trouve, les visites guidées étant seulement offertes à des groupes, sur réservation.

Reproduire ce qui a été fait à la forteresse de Louisbourg en Nouvelle-Écosse serait très ambitieux mais pourquoi ne pas commencer par revoir la programmation du site des Forges ? L’ajout de visites guidées, de pièces de théâtre ou d’activités thématiques serait un pas dans la bonne direction car avant, tout cela avait lieu. Ces activités attireraient non seulement les touristes mais inciteraient aussi les résidents de Trois-Rivières à revenir découvrir ce joyau patrimonial. Plusieurs personnes de la région croient, à tort, que le site est fermé. La rue des Forges n’a pas été nommée au hasard. C’est en reconnaissance à ce lieu historique.

Le site des Forges du Saint-Maurice recèle d’un potentiel touristique énorme et chaque année, Tourisme Trois-Rivières présente des chiffres à la hausse concernant la fréquentation touristique dans la ville. Les infrastructures sont déjà en place aux Forges alors pourquoi ne pas les utiliser? Le site est un trésor patrimonial et culturel mais aussi un lieu qui possède une faune et une flore à couper le souffle. Il est temps d’en faire bénéficier les touristes et les Trifluviens. Il serait donc bien de travailler de pair avec les différentes organisations touristiques afin de mettre le lieu historique sur les différents circuits touristiques.

J’invite donc le député fédéral Robert Aubin, le nouveau maire Jean Lamarche, les conseillers municipaux ainsi que tous les Trifluviens à s’impliquer dans la revitalisation des Forges et à faire parvenir leurs idées à Parcs Canada pour la gestion du lieu historique national.

Redonnons à ce lieu historique ses lettres de noblesse et faisons en sorte de commémorer l’histoire des Forges qui, jusqu’en 2012, était coulée dans la fonte.

Marie-France Lacroix

Trois-Rivières