Des familles de la Mauricie sont prisonnières de la pyrrhotite depuis plus de 10 ans.
Des familles de la Mauricie sont prisonnières de la pyrrhotite depuis plus de 10 ans.

Lettre à SNC-Lavalin: déposez les armes, il y a déjà eu trop de victimes

OPINIONS / Dépressions, faillites, maladies et suicides au cours de la dernière décennie ne sont pas des impacts de la COVID-19, mais bien des conséquences réelles de la pyrrhotite, le plus grand vice de construction de l’histoire canadienne qui afflige des milliers de familles en Mauricie.

Depuis 2009, nos familles sont prisonnières de ce fléau qui a complètement anéanti nos vies et affecté la valeur de nos maisons en plus des impacts financiers de plusieurs centaines de milliers de dollars pour chaque famille concernée. Dans la région, un nombre très important de résidences ont été bâties en utilisant une pierre impropre à la construction, causant ainsi des problèmes majeurs sur les fondations de nos maisons.

On en parle de ce désastre depuis plusieurs années, pourtant nous sommes toujours en attente d’un règlement final de ce dossier. Pourquoi? Parce qu’après plus d’une décennie de procédures judiciaires et deux jugements rendus en faveur des victimes, nous ne savons toujours pas si SNC-Lavalin et ses assureurs en appelleront de la plus récente décision rendue par la Cour d’appel du Québec, le 6 avril dernier.

Cette grande inconnue met encore une fois nos vies en suspens et ajoute un poids supplémentaire au stress qui pèse sur nous et nos familles, depuis toutes ces années. Cette situation est insupportable, injuste et inhumaine, sans compter les contraintes supplémentaires que vivent plusieurs familles à la suite des impacts de la COVID-19. La résilience humaine a ses limites, trop c’est trop!

Nous lançons aujourd’hui un cri du cœur aux dirigeants de SNC-Lavalin et son conseil d’administration. Nous vous demandons de respecter les jugements prononcés en faveur des 857 réclamants concernés et de procéder au règlement de ce litige dans les plus brefs délais.

Sur votre site Internet, il est mentionné : «nous assumons la responsabilité de nos actions… nous avons le souci de fournir des études techniques de grande qualité».

Soyez cohérents avec vos propres valeurs d’entreprise et mettez fin à cette saga pour que nous puissions reprendre en main nos vies et notre quiétude.

Pendant toutes ces années, nous avons fait preuve de patience et respecté les processus judiciaires en cours. À vous maintenant de respecter les jugements qui ont été rendus.

Nous vous demandons donc de faire preuve d’humanisme et d’agir en citoyen corporatif responsable. Mettez fin à notre calvaire et ne portez pas inutilement ce dossier en Cour suprême du Canada, ce qui aurait des impacts dévastateurs sur plusieurs d’entre nous et ne ferait que perdurer un supplice ayant déjà causé assez de dommages.

En nos noms personnels et ceux des autres victimes de la pyrrhotite.

Gino Bouchard, Éric Baril et Josée Matteau