Lettre à ceux et celles que j’aime

OPINIONS / Chers ceux et celles que j’aime,

Déjà (à la naissance de ces mots) je vous écris sur papier. Comme avant. Mais pas tant que ça. Je ne serai que des mots qui danseront sur votre silence. Vigneault disait: chers gens de mon pays. Les papiers aux couleurs de l’arc-en-ciel ont raison de ma page blanche pour (enfin) vous écrire.

Quoi vous dire mis à part que je vous aime? Est-ce vous que j’appelle dans ces moments à la fine ligne de la sagesse et la folie? Pour quoi vous dire? Que je m’ennuie. Le monde est un baril de poudre qui a envie d’exploser de liberté. L’aurore et la brunante se siamoisent.

Le temps est suspendu. Il prend son temps. Il prend sa pause en plein tourment. Vous êtes là-bas. Pas ici, et encore moins là. Qu’est-ce qu’on vit mes amis? Il faut voir comme l’on nous parle. Je lève mon verre au printemps 20-vin. Confinés. Éloignés. Séparés mais rassemblés de l’autre côté.

La gazoline est pas chère. Mon toupet perd de son charme. Ça manque de ventilation. On vit sans compter les heures. J’aiguise mes crayons de plomb. À défaut de «fuller» mon char au sans plomb. Est-ce que le monde changera ou cela ne sera qu’un petit bémol dans le temps où l’on jouait aux billes. En ce moment, certains accumulent plutôt les «bills».

Je ne saurais écrire autre chose. Mis à part de vous témoigner l’amour que je vous porte.

Même si je raye cent fois cette page. De vouloir trop recommencer. D’apaiser les maux avec d’autres mots. Cette page que je brûle autant de courir d’envie vous rejoindre. Et quand je tournerai cette page, c’est que l’on se retrouvera.

On s’aime. Prenons soin de nous.

Ça va bien aller.

Joannie Roy

Trois-Rivières