L’auteur de cette lettre s’inquiète des effets de la COVID-19 sur l’évolution des jeunes privés des activités reliées à leur présence à l’école
L’auteur de cette lettre s’inquiète des effets de la COVID-19 sur l’évolution des jeunes privés des activités reliées à leur présence à l’école

L’espoir pour contrer les dommages collatéraux chez les jeunes

OPINIONS / Je veux dans un premier temps exprimer mes remerciements à ceux, humoriste, médecins spécialistes, chroniqueurs, journalistes et simples citoyens, qui ont pris le temps de mettre en lumière les inconvénients que subissent les jeunes, et plus spécialement les adolescents et jeunes adultes dans ce temps de pandémie.

Les données semblent assez solides pour affirmer que plus de 90 % des décès touchent malheureusement le groupe des 70 ans et plus et la majorité de ceux-ci sont des résidants de CHSLD ou de maisons de personnes âgées. Bien que les 30-50 ans figurent en grand nombre au sein des «infectés», très peu figurent parmi les hospitalisés. Chez les jeunes, il semble que très peu de dommages de santé physique soient rapportés et documentés.

Épargnés sur le plan de la santé physique mais victimes des dommages collatéraux de la présente crise, il y a un grand risque que le contexte actuel engendre un fort décrochage chez ces jeunes, décrochage qui peut frapper différentes strates de ces jeunes selon qu’ils sont à l’étape de s’établir professionnellement, à l’étape d’entrer sur le marché de l’emploi qui leur était si invitant il y a moins de trois mois, à l’étape d’entreprendre des études postsecondaires sous l’encadrement de professeurs inspirants et possiblement d’envisager des études des cycles supérieures dans les équipes de ces chercheurs ou enfin à l’étape de franchir le passage de l’enfance à l’âge adulte en côtoyant des adultes significatifs et surtout en ayant la possibilité de participer à des projets créatifs.

Les jeunes de ce dernier groupe sont affectés par la COVID-19 mais on entend peu parler des dommages qu’ils subissent, MERCI à ceux qui ont pris la parole en ce sens. Le confinement, qui a été bénéfique dans une première phase, nuit à leur développement sur le plan émotif, social tout en freinant leur croissance intellectuelle. La technologie permet de grandes réalisations mais les adolescents-jeunes adultes sont sociaux sinon grégaires de nature et ont besoin d’établir et de maintenir des relations sociales autrement que par la technologie. Les jeunes ont besoin de bouger, de se dépasser et de sentir qu’ils font partie de quelque chose. Je suis porté à dire que les jeunes ont besoin de VIVRE.

Quel est l’effet chez le jeune que le sport tient accroché aux études secondaires qui se fait dire qu’il pourrait encore faire l’école en télé à l’automne et qu’il ne pourra probablement pas pratiquer quelque sport avec ses amis et appartenir à son école? Quel est l’effet chez celui qui se fait dire que d’autres programmes d’activité sportive offerts par son école ne lui seront pas disponibles ? Il y a un fort risque de désintéressement qui mène malheureusement au décrochage.

Quel est l’effet chez le jeune en phase de transition vers le niveau scolaire suivant et qui compte sur sa possible participation à une équipe sportive pour faciliter son intégration sociale à cette nouvelle réalité scolaire s’il n’a même pas l’espoir de mettre les pieds physiquement dans l’établissement qu’il a choisi ?

Les relations et les confrontations interpersonnelles et l’engagement permettent de façonner les comportements, le jugement et finalement la personnalité des individus. Le sport est un allié bien sournois dans le cheminement scolaire de plusieurs jeunes. Combien de «pas très intéressés à l’école» ont complété un diplôme universitaire, collégial ou secondaire professionnel uniquement à cause de l’importance du sport durant leurs études.

Il est important de lancer la réflexion sur le sort des aînés et sur la façon de mieux en prendre soin dans le futur, mais ce sera un long chantier. Entre-temps, trouvons le moyen de maintenir et d’entretenir la vivacité intellectuelle, sportive et active des jeunes qui permettront éventuellement de rendre possible la mise en œuvre de ces meilleurs milieux de vie pour les aînés.

Michel Morin

Trois-Rivières