L’espoir de jours meilleurs

OPINIONS / J’écoute et lis tout ce qui se dit sur le terrible fléau qui nous touche et j’ai particulièrement aimé la chronique «La griffe à Beaudoin» et l’opinion de monsieur Jean-Noel Béliveau dans Le Nouvelliste du samedi 21 mars. On peut dire que les aînés y ont goûté cette semaine, nous les 70-80 ans et plus.

J’aimerais dire que les personnes de ma génération ont été élevées au temps où «le gros bon sens» existait toujours. Nous avons vite appris à écouter, à suivre les directives et à différencier le bien du mal. Nous n’avons donc pas aujourd’hui à être infantilisés.

Monsieur Legault se montre à la hauteur de sa tâche et on constate chaque jour qu’il met en pratique ce qu’il a appris dans le parti dans lequel il s’est lancé en politique. Il est bien secondé par le docteur Arruda qui, tout en nous mettant en garde, nous demande de rester calme. Les deux ont su s’élever au-dessus de la mêlée pendant que le premier ministre du Canada nous démontrait l’étendue de son incapacité à diriger. Je me demande s’il a pensé, ne serait-ce qu’un seul instant, que l’immigration qui n’est pas un mal en elle-même, lorsque bien canalisée, peut en causer beaucoup lorsque débridée.

Monsieur Béliveau a raison en parlant du «sensationnalisme». Oui, nous sommes plus «faciles à repérer» parce que nous sommes plus nombreux, dans une population vieillissante, mais pas stupides au point de mettre notre vie ou celle des autres en danger. Nous avons bien entendu le message et l’avons capté!

Samedi matin, par un temps ensoleillé, j’ai fait comme à chaque jour: je me suis rendu au golf de Grand-Mère pour faire mon ski de fond. En montant la côte, j’ai vu une dame dans les 80 ans, comme moi, qui prenait sa marche avec sa fille, comme à chaque jour elle aussi, et je leur ai envoyé la main. Sur le terrain, un jeune papa initiait ses deux bambins à la raquette. D’autres étaient là également, pour prendre l’air comme on nous le recommande, loin des agglomérations de personnes.

Dimanche, j’ai dû aller à l’épicerie chercher quelques articles. J’ai été prudent, j’ai fait ça vite et suis ressorti aussitôt. Et pourtant, dans l’épicerie, j’ai vu une jeune maman faire son épicerie accompagnée de ses trois jeunes enfants. Et elle n’était pas la seule. Étais-je le plus coupable de tous?

Les vieux peuvent attraper le virus, c’est vrai, mais ce ne sont pas eux qui le propagent. J’ai bien aimé cette dame à la télévision il y a quelques jours, qui a été interpellée sur la pertinence d’être dans un endroit public, probablement pour prendre l’air. On lui demandait: «vous n’avez pas peur?» Et la dame, sourire narquois aux lèvres, de répondre: «Vous savez à 90 ans, on n’a plus peur de rien!»

Ce n’est sûrement pas le cas de tous les aînés, mais nous avons foi en la Providence et comme nous avons beaucoup de temps, nous prions pour nous, nos proches et tous ceux qui ignorent c’est quoi. En espérant que le chaud soleil du printemps, en plus de faire fondre la neige, nous apporte l’espoir de jours meilleurs.

Gaston Bouffard

Shawinigan