James David alias Dave Z. James est artiste tatoueur professionnel depuis 30 ans.
James David alias Dave Z. James est artiste tatoueur professionnel depuis 30 ans.

Les salons de tatouages, les oubliés de la COVID-19

James David alias Dave Z. James
James David alias Dave Z. James
Artiste tatoueur professionnel depuis 30 ans
POINT DE VUE / Depuis le début de la crise de la COVID-19, la plupart des industries sont nommées dans les programmes d’aide mis en place par Ottawa et Québec. Les différents paliers gouvernementaux font aussi référence à de nombreuses entreprises et PME en ce qui concerne leurs plans de déconfinement. Or, à l’heure actuelle, l’univers du tatouage est un des grands oubliés. 

Je m’appelle James David (connu sous le nom d’artiste de Dave Z. James). Je suis artiste tatoueur professionnel depuis 30 ans, promoteur du Montreal Ink et Ink and Road, coproducteur de la campagne Tous encrés, avec Felipe del Pozo et Casque bleu pour l’ONU. Pro-fort lors du conflit de l’ex-Yougoslavie, en 1992. 

J’écris cette lettre ouverte, car les shops de tattoos sont dans le néant : nous sommes abandonnées et vivons dans l’incertitude. Nous ne sommes pas considérés par les gouvernements, car notre profession n’est pas reconnue. Il n’existe aucun statut officiel pour les artistes tatoueurs; à part pour les impôts où nous sommes considérés comme des prestataires de services. 

Nous n’avons aucune association officielle pour nous représenter ni de lobbyistes pour défendre nos intérêts comme d’autres professions. Nous, les tatoueurs, sommes unis par la passion pour notre art et les amitiés entre nous uniquement. 

Bien avant la pandémie, les professionnels du tatouage respectaient des règles d’éthique et suivaient des normes strictes d’hygiène de Santé Canada. Depuis plusieurs années, les artistes tatoueurs portent des gants, nettoient leurs équipements et, entre autres, changent leurs aiguilles à chaque nouveau client. Nous suivons des règles sanitaires dignes des hôpitaux et des dentistes. Nous sommes favorables au port du masque, la prise de rendez-vous est une habitude dans notre profession, nous travaillons selon des horaires établis à l’avance. 

La communauté du tatouage a incorporé dans ses coutumes de nombreux critères énumérés par la Direction de la santé publique du Québec. Plus le temps avance, plus la situation des salons de tatouage sera précaire. Les tattoos shops du Québec ont volontairement fermé leurs portes le 13 mars dernier. 

Malgré tout, nous recevons toutes les semaines des appels de clients qui insistent et qui veulent avoir des tattoos. Or, plusieurs de ces salons risquent de ne pas être en mesure de rouvrir à cause de tous ces paiements de frais fixes. Cette profession, comme toutes les autres, a aussi besoin d’aide, d’un plan de relance et d’un calendrier de déconfinement afin qu’elle puisse se préparer et être prête lorsque le temps sera venu d’accueillir les clients. 

Nous voulons collaborer avec les gouvernements et développer une stratégie qui soit adaptée à notre réalité et nos besoins. Nous ne voulons pas vivre l’éclosion d’un marché noir ni une situation comme celle de certains États américains, comme la Géorgie, où les tatoueurs défient la loi et accueillent de nouveau leurs clients depuis la fin avril. 

James David, alias Dave Z. James Cyns Tattoo Barber Shop de Victoriaville, promoteur des évènements Ink’n’Road et Montreal Ink; détenteur du record canadien du plus de tattoo dans les airs avec Mathieu Baron; coproducteur de la campagne Tous encrés – avec Felipe del Pozo; participant à la campagne Restez chez vous, soyez des héros.