Les religions font partie de notre réalité

En réaction à la lettre de Ghyslain Parent intitulée «Pour une révision du cours Éthique et culture religieuse», publiée dans notre édition du 9 mars 2018.

Monsieur Parent,

Ce n’est pas la première fois que je lis un de vos textes d’opinion dans Le Nouvelliste. Cette fois-ci, je me permets de réagir à celui paru le 9 mars dernier dans le courrier des lecteurs. Je ne peux me prononcer sur le cours Éthique et culture religieuse car je ne connais pas le contenu. Cependant, je ressens que votre jugement ne porte pas seulement sur ce cours mais sur tout ce qui concerne l’Église et la religion au sens large.

Vous dites que certains enseignants qui donnent ce cours valorisent et encouragent le fait de croire, ce qui semble vous offusquer. Par contre, vous vous souciez de ces jeunes enseignants qui ne croient plus aux dogmes qu’ils doivent enseigner. Vous affirmez aussi: «Il y a un manque flagrant d’éthique pour l’école à prendre en otage de jeunes enfants ou de jeunes adolescents pour les endoctriner malicieusement à l’aide de pédagogues fort sympathiques.» Vous prêtez de mauvaises intentions aux enseignants qui croient et qui partagent leurs valeurs profondes en laissant sous-entendre qu’ils manipulent les jeunes.

Je pense que ce qui anime votre croisade contre ce cours est plutôt votre animosité contre tout ce qui concerne la religion qui, pour vous, est dépassée et révolue et qu’il faut éradiquer à tout prix de notre société.

À la fin de votre texte, vous proposez votre expertise au ministre de l’Éducation afin de modifier le cours ECR pour y bannir tout aspect religieux et le remplacer par une pensée plus scientifique. Vous aussi vous mettez beaucoup d’enthousiasme à promouvoir vos idées et vos convictions. Doit-on pour autant douter de vos intentions comme vous le faites avec ces enseignants croyants et convaincus?

La foi dans les religions ou dans les sciences ne peut s’imposer. Cependant, chacun a le droit, jeunes comme moins jeunes, d’être informé, de réfléchir et de faire des choix. C’est ce qu’on appelle la liberté.

Les religions font partie de notre réalité d’aujourd’hui ici au Québec et dans le monde qui nous entoure. Elles tentent de répondre à ce qu’il y a de plus fondamental dans l’être humain, soit sa quête de sens et de vérité.

Voilà pourquoi je crois qu’il est juste de vouloir renseigner les jeunes en ce qui les concerne.

Michel Prescott

Trois-Rivières