Les politiciens, des cyniques qui se moquent de nous...

On dit que les citoyens sont devenus extrêmement cyniques face à la politique. Ils ne croient plus en la parole des politiciens et sont désabusés au point de manquer nettement d’enthousiasme pour aller voter, ou vont même négliger de se rendre aux urnes. Mais ne devrait-on pas plutôt tourner notre regard vers les politiciens et constater que ce sont eux-mêmes qui ont conduit la population à ce désenchantement collectif. Aucun des chefs actuels ne nous emballe et les membres de la classe politique se retrouvent désormais loin derrière les vendeurs de chars usagés comme personnes en qui nous ne faisons guère confiance.

À preuve: comment le gouvernement libéral du Québec a-t-il pu priver ses concitoyens de services essentiels durant plus de trois ans, comme tolérer que l’attente aux urgences hospitalières dépasse les huit à douze heures quand ce n’est pas plus, que nos aînés soient trop souvent laissés-pour-compte dans des CHSLD ne répondant pas depuis longtemps à des normes de confort dignes de ce nom, et «alimentés» avec une moyenne de près de 2 $ par repas, soit quelque 45 $ par semaine, que les enfants soient astreints à fréquenter des écoles totalement désuètes, que nos routes soient de véritables champs de mines... Et puis subitement, comme un billet de loto gagnant tombé du ciel, à la veille des élections, l’argent public se met à couler à coups de millions pour des boulodromes, des piscines, pistes d’athlétisme, parcs de loisir, en subventions à des festivals, pour des cirques... Beaucoup de fric pour divertir le peuple, mais pour la santé et l’éducation, on repassera.

Comment non plus ne pas avoir des haut-le-cœur avec la fameuse saga de madame Gertrude Bourdon de Québec, qui flirte allègrement avec la CAQ, au point de déclarer son intention de «marquer l’histoire» avec eux. Et puis qui se retrouve vite fait avec le PLQ en raison des «valeurs» qu’elle partagerait plutôt avec ce parti! Effrontément, elle va jusqu’à faire des annonces à titre de future «ministre de la Santé» sans jamais avoir été élue! Et puis un Vincent Marissal qui offre sa candidature aux libéraux fédéraux avant de se tourner vers Québec Solidaire; deux partis aux antipodes l’un de l’autre... Et que penser de Gaétan Barrette et Dominique Anglade, qui sont passés de la CAQ au PLQ dans un virage carriériste totalement égocentrique.

Plus près de nous, les conseillers municipaux, après seulement quelques mois d’exercice, veulent déjà arrondir leurs revenus. Ils se sont donné un sous-comité formé de trois de leurs collègues... Ils en sont rendus à un projet de salaire dépassant largement les 50 000 $. Et sans gêne aucune, le conseiller François Bélisle nous demande si nous connaissons des salariés qui n’ont pas été augmentés depuis quelques années. En réplique au conseiller Bélisle, je lui demande s’il connaît des salariés ou travailleurs qui déterminent eux-mêmes les augmentations auxquelles ils auront droit.

Mais pourquoi les conseillers n’ont-ils pas mandaté un comité indépendant et à l’abri de tout conflit d’intérêt pour étudier cette question? Pour ma part, j’ai proposé aux quatorze conseillers un projet de règlement pour encadrer cette orgie de primes de départs et de transition dont les élus sortants profitent allègrement. Un seul d’entre eux m’a rappelé pour me signaler «l’intérêt» soulevé par ma proposition sur les allocations de transition, qui relèvent d’un règlement municipal. Pour le reste: motus et bouche cousue. Ce qui était bon pour leurs prédécesseurs est sans doute bon pour eux aussi... lorsque leur tour viendra. L’intérêt personnel serait devenu règle de conduite de vie!

«Cynisme» de notre part, oui! Mais sans doute avec raison...

Guy Godin

Trois-Rivières