Le ministre Jean Boulet
Le ministre Jean Boulet

Les personnes assistées sociale sont-elles encore ignorées?

OPINIONS / L’auteur, Anthony Morin, est porte-parole de Coalition pour les droits des personnes assistées sociales des régions Mauricie et Centre-du-Québec (CDPAS 04-17).

Dans le cadre de la Semaine pour la dignité des personnes à l’aide sociale, la Coalition pour les droits des personnes assistées sociales des régions Mauricie et Centre-du-Québec (CDPAS 04-17) est préoccupée par la situation de ces personnes, qui est précarisée davantage à cause de la COVID-19.

Constats et inquiétudes

Depuis le début de la crise sanitaire reliée à la COVID-19, il n’a pas beaucoup été question des personnes assistées sociales dans les nombreuses mesures annoncées par les gouvernements. Pourtant, comme tous les autres groupes dans la population, celles-ci vivent aussi les conséquences de l’isolement social et d’autres difficultés qui découlent de cette crise.

En effet, plusieurs personnes assistées sociales vivent seules (52,3 %, selon les statistiques du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale – janvier 2020). Parmi elles, nombreuses sont celles qui ont un réseau social plus limité, ce qui augmente la difficulté de leur confinement à domicile et peut provoquer de la détresse.

Par ailleurs, une crise comme celle-ci engendre une augmentation significative du stress et de l’anxiété dans la population en général. Les personnes à l’aide sociale n’y échappent pas. Cela peut augmenter leurs difficultés de santé, ou en créer de nouvelles. Ajoutons à cela que les moindres changements entraînant des conséquences économiques ont un impact direct sur ces personnes. Vivant déjà en carence face à leurs besoins essentiels, elles sont souvent plus vulnérables aux imprévus financiers notamment. Rappelons que la prestation d’aide sociale de base est de 690 $ par mois et que cela ne permet de couvrir qu’un peu plus de la moitié des besoins fondamentaux.

Comme de nombreux citoyens, nous observons l’augmentation des coûts de certains produits d’hygiène et de plusieurs produits alimentaires. Il en va de même pour les produits pharmaceutiques, notamment les mesures de protection disponibles comme les masques et le désinfectant pour les mains. Cela ajoute une pression sur les finances des personnes que les membres de la CDPAS rejoint.

Même dans une crise de l’ampleur de celle que nous traversons, les personnes à l’aide sociale continuent d’être laissées pour compte. Comme mentionné précédemment, ce n’est pas seulement financièrement, que la situation cause problème; les gens sont souvent portés à s’isoler.

Des organismes vigilants et actifs

Cependant, les membres de la CDPAS jouent un rôle de première ligne, même en ce temps de crise, en intervenant quotidiennement auprès des personnes qui font partie des plus vulnérables de notre société. Ils continuent d’être vigilants quant aux droits des personnes à l’aide sociale et de travailler à les faire respecter. Ces organismes rappellent à toutes les personnes qui auraient des besoins de soutien face à l’aide sociale qu’ils continuent d’être disponibles pour les aider face aux problématiques qu’elles peuvent rencontrer.

La Coalition pour les droits des personnes assistées sociales de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CDPAS) regroupe la grande majorité des organismes de défense des personnes à l’aide sociale de ces deux territoires: Comité pour la défense des droits sociaux de La Tuque, Droit Devant/Érable, Groupement pour la défense des droits sociaux de Trois-Rivières, Mouvement d’action solidaire des sans-emploi (MASSE) des Chenaux, Regroupement pour la défense des droits sociaux de Nicolet, Regroupement pour la défense des droits sociaux de Shawinigan. Ensemble, ils visent à défendre les droits des personnes à l’aide sociale et à améliorer leurs conditions de vie.