Yvon Héroux, coordonnateur de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Michel Lemay, vice-président et Alain Gélinas, président, signent cette lettre au nom des victimes et du conseil d’administration de l’organisme. Ils estiment que les médias régionaux jouent un rôle essentiel dans ce dossier majeur et dans le tissu social de la région.

Les médias régionaux, des acteurs précieux et nécessaires

OPINIONS / Les auteurs sont Alain Gélinas, président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Michel Lemay, vice-président et cofondateur de la Coalition, ainsi qu’Yvon Héroux, coordonnateur. Ils s’expriment ici au nom des victimes de la pyrrhotite, de la Coalition et des membres du conseil d’administration de celle-ci.

La crise de la pyrrhotite en Mauricie fait partie de l’actualité depuis bientôt dix ans et plusieurs médias régionaux ont été des acteurs essentiels et de premier plan dans ce dossier.

Des milliers de personnes et des organismes du Québec, du Canada, des États-Unis et même de l’Irlande connaissent ce dossier et l’implication de la CAVP.

Certes, le travail de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite en Mauricie au cours de toutes ces années y est pour quelque chose, mais cette notoriété et ce rayonnement médiatique n’auraient jamais été possibles sans l’implication du Nouvelliste ainsi que des médias régionaux. Nous leur en sommes très reconnaissants.

Au début 2009, nous n’étions qu’un regroupement de victimes aux prises avec un problème commun et quelques victimes se sont portées volontaires pour tenter de faire avancer ce dossier. C’était le syndrome de la page blanche et un défi démesuré pour nous.

Maintenant, nous sommes fiers de ce que nous sommes devenus à titre d’organisme bénévole et de ce que nous avons fait pour les victimes. Toutefois, il est primordial pour nous de reconnaître la contribution des médias de la région.

On peut souligner le travail remarquable de Mme Brigitte Trahan dans le dossier de la pyrrhotite en Mauricie, et ce, depuis le tout début de la crise en 2009. Selon certaines informations, il y aurait eu à ce jour plus de 1200 articles ou mentions touchant la pyrrhotite dans Le Nouvelliste sans compter tous les autres médias régionaux écrits, radios, télévisions et web qui suivent aussi ce dossier avec assiduité depuis plusieurs années.

Actuellement, la survie des médias régionaux au Québec fait partie d’une réflexion sociale et économique importante et leur existence pourrait être en péril.

Face à ce questionnement, la CAVP se permet de donner son opinion et est en mesure de confirmer que leurs présences en région et leurs implications respectives ont eu des impacts directs sur plusieurs gains réalisés par la CAVP tout au long de ce dossier, et ce, au bénéfice des victimes concernées.

À titre d’exemple, les médias ont été présents au début de la crise, lors des manifestations populaires, le suivi du procès, les conférences et points de presse de la CAVP, notre visite au Connecticut en 2016, le colloque sur la pyrrhotite tenu à Trois-Rivières en 2017, les annonces du programme d’aide aux victimes, le suivi des engagements des élus, le dossier des victimes de la zone grise, les rencontres publiques et la diffusion d’informations aux victimes, la présentation du mémoire de l’UQTR, l’annonce de la chaire de recherche sur la pyrrhotite, sans compter les diverses entrevues réalisées avec la CAVP et plusieurs victimes.

À l’heure des médias sociaux et des nouvelles en continu, il est très rare qu’un sujet demeure dans l’actualité plus que quelques jours ou quelques semaines. Pour sa part, le dossier de la pyrrhotite fait partie du paysage médiatique depuis dix ans et c’est probablement un record, qu’on aurait bien sûr souhaité ne pas atteindre.

Lors de certains échanges que nous avons eus avec plusieurs représentants des médias, certains nous disaient «oui, mais je ne fais que mon travail» et nous répondions «vous n’avez pas idée de l’impact humain et social que vous avez dans ce dossier et si ce n’est pour vous que votre travail, vous le faites très bien et merci!»

Certes, la pyrrhotite n’est qu’un dossier parmi tant d’autres, mais nous estimons que la notoriété de la CAVP et le rayonnement de ce dossier n’auraient jamais atteint ce niveau sans la contribution des médias d’ici.

De plus, il est important de noter que ceux-ci contribuent directement à plusieurs autres sphères d’intérêts publics, ainsi qu’à la vitalité de notre milieu!

Pour nous, les médias régionaux sont un miroir de ce que nous sommes, de ce que nous vivons et ce à quoi nous aspirons collectivement.

Perdre les médias régionaux, ce serait comme supprimer une partie de notre ADN collectif et se priver de leurs rôles d’influenceurs et d’ambassadeurs.

Nous sommes d’avis que nous ne pouvons pas passer sous silence ou faire la sourde oreille au débat en cours actuellement concernant l’avenir des médias régionaux.

Soyons fiers de ce qu’ils représentent et font pour la collectivité et du rôle social indispensable qu’ils jouent et surtout, soutenons-les!

Sans aucune hésitation, la CAVP leur dit MERCI pour leurs contributions réelles et tangibles dans le dossier de la pyrrhotite et invite la population à réagir, les lire, les voir et les écouter!

Ensemble, soutenons nos médias régionaux !