Les jeunes et le confinement

OPINIONS / La situation anormale de confinement que nous vivons actuellement incite de plus en plus de gens à émettre leur point de vue et c’est le bienfait de la démocratie. Bien qu’identifié dans le groupe «des sages à risque», je porte un grand intérêt à la situation des jeunes qui vivront pendant longtemps les multiples conséquences de la pause. Je veux féliciter tout particulièrement les jeunes qui ont le courage d’exprimer ce qu’ils vivent. Ils se font de plus en plus nombreux et c’est tant mieux. D’autres écrits nous permettent de constater que plusieurs jeunes s’impliquent activement au mieux vivre des moins favorisés ou des plus durement touchés en ce temps de crise.

Nous les «vieux», nous plaignons souvent de ne pas comprendre le langage des jeunes mais j’ai eu le plaisir de lire, entre autres, deux textes inspirés et inspirants de jeunes adolescentes qui expriment combien l’école leur manque. Je crois qu’elles portent le message de nombre d’adolescents.

Ce qui leur manque, ce n’est pas l’école comme seul lieu d’apprentissage mais plutôt celle où tout en suivant un parcours académique, les ados côtoient leurs amis, participent aux activités parascolaires, sont en contact avec des adultes significatifs et évoluent à l’intérieur de structures contre lesquelles ils rechignent parfois mais dont ils ont besoin. Trois chercheures universitaires (Université du Québec en Outaouais et Université de Montréal) ont d’ailleurs mené un projet de recherche pour connaître l’opinion des jeunes sur le confinement.

Ce que je lis, je vois et j’entends de la part de ces jeunes, ce n’est pas qu’ils sont les seuls à souffrir de la situation. Heureusement ils parlent d’eux-mêmes et souhaitent que nous tous tenions compte de ce qu’ils vivent. À cet effet, la ministre Charest a fait preuve d’une grande sensibilité en répondant publiquement (La Presse+, 22 mai 2020) à un jeune sportif (et indirectement à bon nombre d’autres) qui lui a fait part de son souhait de renouer le plus tôt possible avec son sport.

Pour mettre un baume sur ce confinement, je lance une suggestion aux écoles secondaires à l’effet d’organiser une journée de fin d’année scolaire en présence physique, dans le respect de toutes consignes sanitaires. Les ados qui se sentent à l’aise d’y participer auraient l’occasion de saluer leurs amis qui demeurent trop loin géographiquement pour se rencontrer à l’extérieur de l’école et qu’ils n’ont pas vus depuis la mi-mars, pour dire adieu à ceux qu’ils ne reverront probablement pas à cause du passage vers un cégep ou autre institution scolaire à l’extérieur de leur région et pour dire MERCI aux professeurs et autres professionnels qui les ont aidés et influencés durant leur parcours scolaire. Au revoir, adieu et merci ne sont probablement pas les termes qu’ils utiliseraient mais ce n’est pas grave; ils exprimeraient les mêmes sentiments dans un langage qui leur est familier.

Michel Morin

Trois-Rivières