Les hommes (ces mal-aimants) ont-ils peur des femmes?

OPINIONS / Nous «commémorons», en cette année, les 30 ans de la tuerie de Polytechnique, avec la mort de 14 femmes sous les balles d’un homme «humilié» par la force des femmes. Tragédie innommable et inexplicable pour une société ouverte comme la nôtre...

Et, il y a tout aussi grave, aujourd’hui encore, chez nous, en plus.

Cet orgueil mâle, «suprématiste», existe encore de nos jours, hélas!

La semaine dernière, on nous a encore rappelé semblable agressivité masculine d’un ou d’individus qui se sont attaqués à des femmes députées de l’Assemblée nationale. La députée de Sherbrooke, Mme Christine Labrie, en a cité d’affreux propos et des citations irrecevables que d’aucuns de nous ne sauraient dire, ni utiliser. Des mots chargés de haine envers les femmes, en général, tant le ton et les références sont faits de globalité et d’amalgames.

Mais d’où viennent donc ces éruptions enflammées? De caractérisations psychologiques d’abord: comme chez ces individus, agissant parmi nous, en électrons libres...et c’est bien là les dangers qui guettent les femmes fortes de notre société contemporaine. Il y a plus grave dans cette animosité, voire cette méchanceté.

Oui, j’ajoute aussi qu’une grande partie de ces hommes, pourtant bellement gavés par une éducation correcte, se sont retrouvés, un jour de leur adolescence, confrontés à une gent féminine indépendante, libre et libérée, ce qui leur a fait perdre cette séculaire supériorité qu’il croyait avoir, se découvrant soudain une personnalité perso «inférieure» à celle de leurs amies féminines, qui, jadis hésitantes, leurs apparaissent «devenues» alors fortes, audacieuses et autonomes...

Ils constatent bientôt «qu’elles n’ont soudain plus besoin d’eux», s’avouent-ils alors en eux-mêmes, dans leur blessure de narcissique...

Ah, le triste constat pour eux!

Ah, l’amère défaite!

La domination mâle n’est plus là, hélas, comme ils le prétendaient.

La collégialité bicéphale dans le couple leur semble, dès lors, impraticable!

Puis, l’Homme - ce commandeur de toujours - perd pied, n’étant plus cet «Homme dominateur ». Même questionnement pour l’homme de chez nous ...et de partout ailleurs! Serait-ce là, aussi, la situation dramatique de «l’Homo Quebeciensis», voire de «l’Homo Occidentalis» subjugué par le sexisme, la propension à la «dominance» et à la Liberté mâle prédominante. En tout cas, on en voit des comportements à travers ses gestes, son narcissisme de conquérant et de maître du couple. L’épisode #MeToo nous en a dit tant depuis deux ans...

«Dis, vieux Singe, à quand ta généreuse et grande soumission en faveur d’une équité et égalité devant la Femme. Ah, toi, vieux «schnouk» et homme dépassé que tu es déjà devenu! À ton âge, quand même... Reviens-en!»

«Relaxe-toi! Détends-toi», que je te dis!

Yvon Côté

Député fédéral à la Chambre des Communes au moment de la tragédie

Sherbrooke