Des propriétaires de gîtes et de résidences de tourisme interpellent les gouvernements parce qu’ils estiment vivre une situation inéquitable par rapport à d’autres établissements d’hébergement. Ils n’ont pas le droit d’ouvrir le 1er juin et beaucoup d’entre eux ne sont admissibles à aucune mesure d’aide gouvernementale.
Des propriétaires de gîtes et de résidences de tourisme interpellent les gouvernements parce qu’ils estiment vivre une situation inéquitable par rapport à d’autres établissements d’hébergement. Ils n’ont pas le droit d’ouvrir le 1er juin et beaucoup d’entre eux ne sont admissibles à aucune mesure d’aide gouvernementale.

Les gîtes, ces grands oubliés…

OPINION / Dans l’actuel déconfinement touristique qui s’opère, le gouvernement semble avoir pensé à tout le monde… mais pas aux gîtes. En effet, nous n’avons pas le droit d’ouvrir le 1er juin et beaucoup d’entre nous ne sont admissibles à aucune mesure gouvernementale.

Nous ne comprenons pas la décision. Est-ce parce que nous sommes moins représentés auprès des décideurs que nous avons été oubliés?

Quel est le rationnel? Salles de bain communes? Les campings en ont aussi… et la majorité des gîtes ont des salles de bain privées. Aires communes? Les hôtels en ont aussi… Dortoirs? Les gîtes n’en ont pas… Le fait qu’une famille de propriétaires en reçoive une autre en vacances? Les propriétaires de gîtes offrent des espaces communs, mais ont, en général, des espaces propres pour eux… Les petits-déjeuners? Les hôtels et les auberges n’en offrent plus; pourquoi les gîtes en offriraient?

Les gîtes sont particulièrement à même d’assurer la salubrité de leurs installations.

Les mêmes conditions sanitaires qui s’appliquent aux auberges pourraient s’appliquer pour nous. La seule différence réelle est que, dans les gîtes, ce sont les propriétaires qui font presque toutes les tâches, y compris le ménage. Dans les faits, les gîtes sont peut-être les entreprises qui prendront le plus grand soin des mesures sanitaires nécessaires, car il n’y a, en général, pas d’employés, et qu’ils ont le sentiment que la rentabilité de leur commerce et leur propre santé – et pas seulement celle des autres – sont en jeu. Monsieur Legault, pouvez-vous nous faire confiance de protéger notre santé et notre commerce?

Par ailleurs, les gîtes semblent en général oubliés par les mesures gouvernementales.

La PCU est pour les personnes qui n’ont aucun autre revenu. Or, la majorité d’entre nous a d’autres revenus (autre travail, retraite, etc.), toutefois, cela ne veut pas dire que ces autres revenus permettent de financer les frais fixes du commerce. Beaucoup d’entre nous, même sans autres revenus, n’ont pas réussi à se qualifier pour la PCU et devront la rembourser, car ils ne se versent pas assez de bénéfices et réinvestissent plutôt dans leur commerce.

Presque aucun gîte n’a d’employés; ces entreprises ont en majorité légalement des employés autonomes et ne sont donc pas légalement admissibles à la subvention salariale.

Il n’est pas garanti que les gîtes soient admissibles au nouveau fonds qui passe par DEC, pour les entreprises qui se sont vu refuser les 40 000 $ de prêt, en raison des multiples documents à annexer à la demande que les gîtes n’ont pas en raison de leur forme légale.

Les gîtes sont pourtant des petites entreprises essentielles au Québec. Les retraites sont minces, si nous n’avons pas travaillé pour l’État ou une grande entreprise. Beaucoup de retraités choisissent de faire gîte car leurs enfants sont partis, et qu’ils ne pourraient se permettre de garder la maison sans revenus additionnels. Va-t-on envoyer à la rue tous ces retraités ou semi-retraités du Québec?

La majorité de ces maisons sont très coûteuses à chauffer et à entretenir. Ce sont pour beaucoup des maisons patrimoniales, qui auraient disparu de notre héritage, faute de subvention, si des privés n’avaient pas décidé de les convertir en gîte.

Beaucoup de gîtes sont dans des régions ou communautés très petites, où il n’y a pas ou peu d’hôtels et de motels. Les travailleurs forestiers, de santé et autres voyageurs professionnels ont besoin de se loger, à moins que le gouvernement ne veuille obliger tous les professionnels du Québec en déplacement dans ces zones à faire du camping sur le bord d’un cours d’eau.

Le Québec est un écosystème et nous faisons vivre beaucoup de restaurateurs, professions libérales et touristiques. Si nous devions faire faillite, nous laisserions des comptes perdus aux autres commerces.

Nous, propriétaires de gîtes, demandons aux gouvernements de nous rouvrir en même temps que les autres commerces de notre secteur, le 1er juin. Nous demandons de mettre en place des mesures financières de soutien adaptées aux gîtes et résidences de tourisme, et des compensations pour les réservations perdues pour cet été en raison, notamment, de la fermeture des frontières.

Jeanne Charbonneau et Christian Avila Tovar

Gîte et Havre du Lac à la Tortue

Frédérique et Pierre-Yves Amey

Gîte Aux Orchidées

Esther Drouin et Jean Descoteaux

Gîte Domaine de la Baie

Isabelle Lefebvre

Gîte La Belle Aventure B&B

Miglena Teodosieva

Restaurant et gîte Aux Traditions

Martine et Gilles Hababou

Le Manoir du Rocher à Grand-Mère

Axelle Semo et Philippe Ravanet

Domaine le Bostonnais et Le Village en Bois Rond

Gilles Trépanier

Tourelle de Champlain

Sonia Lavergne

Gîte Maison Parc Delormier

Pierre Côté

La maison Cadorette

ATR Mauricie