L’auteure de ce texte croit que le travail des journalistes est essentiel et que le rôle des médias est primordial. Il s’agit d’un influx à la discussion, à l’échange des opinions, à la confrontation des idées en famille, entre collègues, entre amis.

Les gardiens de notre démocratie

OPINIONS / En cette période d’élection fédérale, nous sommes bombardés d’informations politiques régionales et nationales, tant et si bien que nous en sommes un peu lassés. Je me fais opportuniste pour mettre en avant un sujet qui me dévore l’esprit. Les médias.

Les partis politiques se mesurent à qui mieux mieux, à coup de promesses plus alléchantes les unes que les autres. Se proposant comme les gardiens de notre bien, notre portefeuille, nos emplois, notre santé, notre avenir et celui de nos enfants, ils ont la prétention de mieux connaître nos besoins que nous-mêmes. C’est la campagne électorale, un exercice incontournable. C’est aussi une période où le peuple ne souffre pas de solitude ni d’isolement. Le citoyen a des amis sur toutes les plateformes et sur toutes les tribunes. Des amis-candidats souriants, bien coiffés, bien chaussés qui se font concurrence pour lui vendre leur salade et lui rappeler combien il a besoin d’eux pour mieux avancer dans la vie. C’est de bonne guerre.

Bien que redondants et déjà entendus et vus, il faut tout de même porter attention à leurs messages, aux discours et surtout aux conséquences de leurs idées sur notre quotidien et celui de notre collectivité. Nous sommes canardés par des bonnes intentions à en perdre l’orientation et parfois la foi. Les candidats des différents partis, astiqués et fardés, ne nous montrent que leur meilleur profil et n’abordent que les idées pour nous plaire. On est assez intelligents pour savoir qu’il y a toujours une face d’ombre à toute vertu politique. Mais, qui a le temps et le goût de scruter toutes ces plateformes pour se faire une tête.

Heureusement, il y a une escouade tactique qui ratisse, qui dissèque, qui analyse toutes les idées lancées par les porte-parole des politiques. Elle est aux aguets, dédiée nuit et jour. Les médias. Cette armée de femmes et d’hommes qui fouillent, déterrent, décomposent et recomposent les faits et les tendances sont nos relayeurs d’information. Ce sont des professionnels engagés dont la formation et l’expérience préparent à nous livrer des nouvelles crédibles et vérifiées. Ils n’ont d’autres intérêts que de donner leur meilleur pour que le citoyen puisse être au fait de ce qui se passe chez lui et aussi, dans le reste du monde.

En plus de suivre l’actualité pour nous et de la vulgariser pour la rendre accessible à tous, ils sont assez dévoués pour appuyer des causes locales, assez engagés pour couvrir nos petits événements au plaisir de nos paroisses et à la grande la fierté de nos communautés. Ils sont toujours mobilisés pour prendre part à un mouvement régional pour soutenir des familles, des travailleurs, des sinistrés, des laissés pour compte, mais aussi des talents et des stars régionales qui excellent et se distinguent. Ils démontent les châteaux de cartes, ils dénudent les facéties et nous exposent les faces cachées qu’ils ont trimé dur pour soulever. Ils nous aident à voir clair, très souvent. Plus que jamais, ces guerriers m’apparaissent parmi les meilleurs alliés de la démocratie. Ils sont un instrument de liberté car ils contribuent à aider la population, sans penser à sa place, à saisir les enjeux réels et cerner les messages édulcorés ou les situations abusives, dans un sens comme dans l’autre.

Les médias sont un paravent contre la pensée unique, l’autocratie et le conformisme. Bien que démonisés par des élus narcissiques, les ennemis de la liberté, les dictateurs, les tortionnaires, les tricheurs, entre autres, ils représentent un bouclier face à l’endoctrinement et à la propagande.

Récemment, nous avons tous été ébranlés en apprenant que nos médias régionaux pouvaient disparaître faute de moyens financiers. Il y a eu une mobilisation sans précédent pour sauver nos journaux. Nos journaux qui ne sont pas parfaits, cela va sans dire. Évidemment, de temps en temps on n’est pas d’accord avec l’opinion d’un éditorialiste ou le traitement d’une nouvelle par un journaliste. C’est vrai qu’il peut arriver que nous ne partagions pas toujours l’analyse ou l’orientation que prend un article. C’est parfois possible que l’on en sache plus que le journaliste qui a écrit, superficiellement sur un sujet qui nous touche de plus près, que son récit puisse manquer de perspicacité. Eh oui! Ce n’est pas toujours parfait et nous ne sommes pas toujours d’accord. Même dans ces cas-là, c’est toujours un influx à la discussion, à l’échange des opinions, à la confrontation des idées en famille, entre collègues, entre amis. C’est la base de la démocratie, de la liberté d’expression et, j’oserais même dire que c’est la base de la liberté, tout simplement.

J’ai l’ultime conviction que l’indépendance de pensée est fondamentale pour le citoyen de toute nation qui se veut libre et démocratique. La liberté de presse et la multiplicité des sources d’information y contribuent en premier rang.

Je ne veux pas lancer le débat ou faire le procès des Internet, des Facebook et des Twitter que j’utilise socialement comme la plupart d’entre vous. Mais jamais ces sites ou moyens de communication, que je m’interdis d’appeler médias «sociaux», ne nous livreront une nouvelle vérifiée par un professionnel qui a consacré ses études et son énergie à se former et à se perfectionner pour se mériter d’être appelé par le titre noble de, journaliste.

En terminant, je vous invite à soutenir vos journaux écrits et vos médias régionaux.

Amina Chaffai

Saint-Étienne-des-Grès