Le recteur Daniel McMahon

Les faits sur l’augmentation de salaire du recteur

Dans la lettre ouverte publiée le 14 juin dernier dans Le Nouvelliste intitulée “Attitude méprisante et indigne du recteur”, les cosignataires dénonçaient l’augmentation salariale annuelle du recteur de l’ordre de 4% alors que les professeurs(es) n’avaient même pas réussi à obtenir l’équivalent de l’augmentation du coût de la vie pour certaines années projetées dans l’offre de la direction. L’UQTR a réagi en demandant une correction: les augmentations salariales du recteur seraient (selon la direction) plutôt de l’ordre de 1,75 % en 2017, puis de 2 % en 2018, ce qui correspond à la politique salariale du gouvernement.

Après vérification, il appert que le chiffre de 4% qui a circulé était effectivement imprécis. L’augmentation de 4 % par an correspond plutôt à la progression des échelles salariales de tous les cadres (incluant les vices-recteurs) de l’UQTR, alors que la progression des professeurs(es) est de 1,6% en moyenne.

Par contre, l’augmentation réelle du salaire de base du recteur serait plutôt de l’ordre de 3,33%, son salaire étant passé de 182 056 $* (2015-2016) à 188 052 $* (2016-2017). En tenant compte des autres composantes du traitement salarial, la progression réelle pour le recteur a été de 6,7 % dans cette période (183 145 $ en 2015-2016, 195 439$ en 2016-2017)*. Donc, que l’augmentation réelle soit de 3,33 % ou de 6,7 %, le propos des cosignataires demeure valable.

Alors que le recteur soulignait la nécessité pour tous les “corps d’emploi” (sic) de faire leur part dans la réduction du déficit, le gouvernement lui octroyait une augmentation du traitement salarial nettement plus élevée que l’offre faite aux professeurs (es)

Et la direction maintenant?

La masse salariale du personnel de direction est passée de 5 232 575 $ (2016-2017) à 6 040 699$ (2017-2018), soit une progression de 15,4 % globalement. Pour l’an prochain, malgré les déficits annoncés par le recteur, la masse salariale de la direction devrait grimper à 6 630 321 $ (2018-2019), soit une progression de 9,8 %. Cette augmentation survient alors que l’administration veut réduire le déficit en réduisant la masse salariale chez les professeurs(es) et par conséquent, le nombre de professeurs (es), alors qu’il y a eu une augmentation du nombre d’étudiants(es) à l’UQTR. Concrètement, il y aurait moins de professeurs(es) que ce qui était prévu dans la convention en vigueur actuellement.

Le recteur a mentionné sur plusieurs tribunes avoir dévoilé tous les chiffres permettant aux professeurs(ES) de bien comprendre les causes du déficit à l’UQTR. Or, l’exemple de l’augmentation de la masse salariale de la direction est éloquent pour illustrer l’opacité de l’information financière et comptable que le recteur transmet: les chiffres fournis sont généralement consolidés et ne permettent pas de bien analyser la situation financière réelle de l’UQTR. Il faut alors se fier à sa parole.

À titre d’exemple, alors que l’UQTR s’est déployée sur le campus de Drummondville, qu’en est-il de la rentabilité de cette opération ? Est-ce que les étudiants(es) qui fréquentent ce campus permettent de payer les frais qui y sont associés ? Sachant que toutes les cliniques universitaires (à l’exception de la psychologie), que le CAPS et que le service de l’imprimerie sont déficitaires, peut-on penser que les déficits de l’institution puissent être causés par les plans de développement passés ? Et lorsque le recteur évoque de nouveaux plans de développement pour l’UQTR lors de ses entrevues, peut-on penser qu’il ne cherche qu’à réduire les conditions de travail des professeurs(es) pour financer des projets dont la rentabilité ou même la pertinence serait discutable ? En a-t-il discuté avec les principaux intéressés ?

L’attitude méprisante et le climat de travail teinté de méfiance, à la suite d’un lock-out irréfléchi et odieux, qui a pris les étudiants(es) et les professeurs(es) en otage, ne permettent plus d’envisager le développement de l’université de concert avec les administrateurs actuels. Il n’est plus possible de croire cette administration “sur parole”, le lien de confiance est rompu.

En souhaitant que les appuis financiers reçus de la ministre puissent permettre au recteur de prendre une “voie de sortie” à cette crise sans précédent, dont il est le seul et unique artisan.

*Source: rapports annuels de l’UQTR

Gilles Bronchti

professeur titulaire et directeur du département d’anatomie

Lyne Cloutier

professeure titulaire, département des sciences infirmières

Johannes Frasnelli

professeur agrégé, département d’anatomie, titulaire de la Chaire de recherche UQTR en neuroanatomie chimiosensorielle

Hugues Leblond

professeur titulaire, département d’anatomie, directeur de programme de cycles supérieurs en sciences biomédicales

Sylvie Miaux

professeure agrégée département d’études en loisir, culture et tourisme

Éliane Moreau

professeure titulaire, département de marketing et système d’information

Étienne St-Jean

professeur titulaire, Institut de recherche sur les PME

Diane St-Laurent

professeure agrégée, département de psychologie

Georgia Vrakas

professeure agrégée en psychoéducation