Les extrémistes prennent-ils des vacances?

OPINIONS / Non pas qu’ils soient totalement inutiles et écervelés, mais c’est un peu tannant pour la majorité que des individus poussés par une mission incroyablement urgente, capitale et sauveuse de l’humanité, se lancent à l’assaut de ce qui ne leur convient pas. Entre autres, lors de la récente manifestation à Trois-Rivières relativement à la loi sur la neutralité religieuse, les pros et les antis se sont défoulés la boîte à penser, convaincus que l’autre en face est assurément dans le champ. Rien de majeur cependant au niveau de la casse, mais l’intervention policière a été nécessaire pour calmer les têtes chaudes d’un bord comme de l’autre. Quel beau spectacle démocratique: la Vague bleue – prolaïcité – opposée au collectif TRès inclusif – anti-loi spécifique. Les insultes étaient au rendez-vous évidemment.

Dans l’édition du mardi 30 juillet, les commentaires qu’on y trouve sont typiques de ces élans dignes de la non-retenue défoulante. Je comprends toutefois le malaise de Mme Émilie Lefebvre, qui s’est trouvée coincée dans une situation à la fois gênante et inquiétante. Dans un autre article, on voudrait nous faire croire que la ville était sous occupation à l’image de ce qui s’est déjà passé en Pologne et en Hongrie. Ce n’était quand même pas une scène de la Seconde Guerre mondiale. Les citoyens dans la rue, favorables à l’abolition des signes religieux n’étaient pas nécessairement des fachos, des nazis et des fascistes. La police n’a matraqué personne. Pourquoi alors conclure à tout vent que le gouvernement imparfait que nous avons élu est malpropre, irresponsable et auteur du chaos social?

Les vacances de la construction sont terminées mais celles des extrémistes pourraient-elles commencer et durer 24 heures, une semaine, un mois, un an?

Roger Matteau

Shawinigan