La dernière messe à l’église Saint-Pierre de Shawinigan a été célébrée le 29 septembre 2018.

Les événements marquants de la dernière année

L’auteur, René Beaudoin, est historien et responsable du Comité sur l’avenir des églises de la Mauricie.

L’année 2018 a été marquée par plusieurs événements et plusieurs nouvelles concernant les églises et le patrimoine religieux de la région. Voici un petit survol de ce dont on a parlé au cours de la dernière année.

Subventions pour le patrimoine religieux

Des travaux de restauration ont été effectués au dôme de la chapelle du Monastère des Ursulines de Trois-Rivières, à la toiture de l’église Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan-Sud, au clocher nord et à la toiture de l’église de Sainte-Anne-de-la-Pérade, et aux fondations de l’église de Saint-Maurice. Ces travaux ont été financés à la hauteur de 70 % par le gouvernement du Québec, pour un total de 751 000 $. Le reste a été payé par les propriétaires de ces lieux patrimoniaux. L’enveloppe totale du gouvernement était de 12 M$ pour l’ensemble des régions du Québec. En août 2018, le gouvernement annonçait qu’il injectera 15 M$ durant l’année financière 2018-2019, pour des travaux sur 75 bâtiments religieux. En Mauricie, les églises de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Champlain, Saint-Maurice et Saint-Prosper, ainsi que le Monastère des Ursulines se partageront 1,1 M$. Les fabriques concernées et les Ursulines paieront la différence.

Églises de La TUQUE

Plusieurs rencontres ont eu lieu en 2018 concernant l’avenir des églises de la Haute-Mauricie. Trois soirées de consultation ont eu lieu au sujet de l’église Saint-Zéphirin. La Fabrique a plaidé qu’il fallait que ce soit l’affaire de toute la population. Un comité de citoyens se réunit pour prendre éventuellement la relève comme propriétaire de l’église. Du côté des églises de Grande Anse et La Croche, elles sont à vendre et le processus suit son cours. La vente de celle de Lac Édouard était prévue le 15 janvier dernier au coût de 7500 $. Quant à celle de La Bostonnais, la Fabrique a accepté le 13 décembre 2018 de la louer durant trois ans avec option d’achat, à deux résidents qui veulent développer le site et la bâtisse sur les plans culturel, touristique et de loisirs.

Église de Saint-Paulin

La Municipalité de Saint-Paulin a acquis l’église et le presbytère en décembre 2017. En février 2018, elle tenait un forum de discussion (le 4) et des consultations en vue de l’adoption en avril du plan stratégique de développement municipal 2018-2021. Un des projets retenus concerne l’utilisation des immeubles acquis de la fabrique pour en faire un centre socioculturel. Aussi, le conseil municipal veut récupérer, numériser et préserver les archives paroissiales. En mai, il a aussi adopté la révision de son plan d’urbanisme dans lequel il a inscrit l’objectif de mettre en valeur le patrimoine religieux.

Église de Champlain

Des résidents de Champlain planchent depuis 2016 sur une vocation multifonctionnelle pour l’église classée bien culturel du Québec, pour assurer la pérennité du parc religieux, incluant le presbytère. Les démarches ont conduit au dépôt d’une étude de faisabilité en janvier 2018 et à des rencontres citoyennes le 12 février 2018 et le 30 mars 2018, ainsi qu’à une tournée de consultations. Une étude de marché est en cours de même que des discussions avec la Municipalité.

Église Saint-Paul

Le 26 mars 2018 avait lieu la réouverture de l’église Saint-Paul de Grand-Mère, à Shawinigan, à l’occasion d’une messe solennelle présidée par Mgr Luc Bouchard en présence d’au moins 400 personnes. Elle avait été fermée en 2016 à la suite d’un important dégât d’eau provoqué par la rupture d’un tuyau relié aux gicleurs.

Églises ouvertes

Comme chaque année, quelques églises de la Mauricie ont été ouvertes chaque jour aux visiteurs, avec des guides, dont l’église Notre-Dame-de-la-Présentation de Shawinigan, celles de Champlain, Batiscan, Sainte-Anne-de-la-Pérade, Pointe-du-Lac de Trois-Rivières, de même que l’église Saint-James de Trois-Rivières et la chapelle des Ursulines. Des subventions aux emplois ont été octroyées par le gouvernement fédéral.

Projet de 44 millions $ au sanctuaire

Le 5 juillet 2018, le recteur du Sanctuaire, Mgr Pierre-Olivier Tremblay, dévoilait le plan directeur d’un projet de modernisation de 44,3 M$ échelonné sur dix ans. Ce faisant, le Sanctuaire veut diversifier sa clientèle et consolider sa position comme pôle touristique majeur en tant que lieu patrimonial, lieu de culte, lieu de rassemblement culturel et havre de paix en milieu urbain. En 2017, la Ville de Trois-Rivières a déclaré comme site patrimonial le cœur historique du secteur de Cap-de-la-Madeleine, incluant le sanctuaire, la Maison Rocheleau (Manoir des Jésuites) ainsi que le parc du Moulin.

Église Saint-Eugène

Vendue en 2017, l’église Saint-Eugène est devenue en 2018 le Centre de solidarité Saint-Eugène, comprenant un comptoir vestimentaire et un café de quartier.

Église Notre-Dame- des-Sept-Allégresses

L’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses de Trois-Rivières a été forcée de fermer ses portes en septembre 2018 en raison d’un problème d’infiltration d’eau. L’évaluation des travaux suit son cours. Un mois plus tard, des voleurs s’y sont introduits et ont dérobé une somme d’environ 1000 dollars.

Église Saint-Pierre

La dernière messe à l’église Saint-Pierre de Shawinigan a été célébrée le 29 septembre 2018. Aux prises avec d’importants problèmes financiers, la Fabrique Marguerite d’Youville, propriétaire du lieu, a fermé l’église malgré une pétition signée par plus de 600 paroissiens. Quelques semaines auparavant, un dégât d’eau majeur avait forcé la relocalisation du presbytère.

Forum à Trois-Rivières

Les 8 et 9 novembre 2018 se tenait à Trois-Rivières le septième forum annuel sur le patrimoine religieux, sous le thème «(Re)Vivre le patrimoine religieux», organisé par le Conseil du patrimoine religieux du Québec. Il y a été question de l’implication citoyenne comme facteur de succès pour la conservation du patrimoine religieux. Daniel Laganière, de Champlain, y a présenté l’expérience vécue à Champlain. À ce forum, il y a aussi été question du transfert des ensembles conventuels comme legs au profit de la communauté. Une centaine de personnes y ont participé.

Église de Saint-Justin

Fermée en 2016, l’église de Saint-Justin est toujours à vendre. En novembre 2018, le courtier immobilier déclarait que le dossier pourrait se conclure au début de 2019.

Deux congrès à Rome

Du 27 au 29 novembre 2018, Mgr Pierre-Olivier Tremblay, o.m.i., recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, et Luc Létourneau, le directeur administratif, ont participé à Rome au premier Congrès pour les recteurs et les agents de pastorale des Sanctuaires. Au programme, il y a eu des conférences sur l’accueil des non-croyants, des touristes et des gens d’autres confessions.

En même temps, à Rome les 29 et 30 novembre, se tenait un autre congrès sous le thème «Dieu n’habite plus ici? Désaffectation des lieux de culte et gestion intégrée des biens culturels religieux». À cette occasion, le pape François a déclaré que la désaffectation d’un nombre croissant d’églises ne doit pas être perçue «avec anxiété, mais comme un signe des temps qui nous invite à une réflexion et nous impose une adaptation». Il ajoute que «Le démantèlement ne doit pas être la première et unique solution à laquelle penser», et ne doit jamais scandaliser les fidèles.

Comité sur l’avenir des églises

Le 27 novembre 2018, l’évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard, annonçait la création d’un comité sur l’avenir des églises de la Mauricie dont il m’a confié la responsabilité. L’objectif est de soutenir les fabriques paroissiales ainsi que les Municipalités, «pour garantir un avenir au patrimoine religieux de la Mauricie» et «pour améliorer le processus de disposition des églises et des presbytères, là où ce sera le choix des communautés», précise Mgr Bouchard.

Association du tourisme religieux et spirituel

En 2018 a été fondée l’Association du tourisme religieux et spirituel du Québec. L’assemblée de fondation a eu lieu le 11 décembre 2018 au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Église Sainte-Marie-Madeleine

Après la saga de l’église Saint-Philippe, une autre église est abandonnée à Trois-Rivières. Vendue par la Fabrique en 2013 au montant de 425 000 $, elle est la propriété d’une compagnie à numéro de Sainte-Adèle, présidée par Gabriel Saad. En 2017, Le Nouvelliste rapportait que seulement 125 000 $ avaient été versés. Depuis ce temps, l’église se dégrade sérieusement. La Ville a sécurisé les lieux tandis que la Fabrique fait appel à la justice. Selon le rôle d’évaluation municipale, l’église ne vaut plus que 60 200 $ alors que le terrain seul est évalué à 354 800 $.