L’auteur de ce texte estime qu’il est temps que ce grand adolescent que semble être Justin Trudeau «devienne enfin un homme et assume le rôle d’homme d’État qu’il croit être».

Les élus doivent maintenant faire preuve de bonne foi

OPINIONS / Avec la défaite du Parti conservateur et malgré une campagne médiocre et pas très propre, le beau Justin a sauvé les meubles et se retrouve toujours aujourd’hui le premier ministre minoritaire du Canada. On peut dire qu’il a tout simplement évité la catastrophe car il est évident, comme papa avant lui, que la Trudeaumanie est disparue à l’aube d’un deuxième mandat.

Son image a perdu de son lustre mais son arrogance semble être encore là car il parle d’une victoire éclatante. Il a aussi manqué de classe en coupant le discours d’Andrew Scheer. Mais ce qui reste positif de cette campagne est la résurrection du Bloc sous la gouverne d’Yves-François Blanchet qui a fait une campagne propre, honnête, sans artifice et qui a su gagner la confiance d’une majorité de Québécois, sans avoir les ressources financières des deux grands partis.

Justin Trudeau peut dire merci à l’Ontario et à Montréal «multiculturaliste», sans qui on parlerait de lui au passé.

La Mauricie est passée au bleu et seul le très sympathique François-Philippe Champagne a réussi de peine et de misère à sauver son siège, après avoir fait appel à son chef spirituel, l’ineffable Jean Chrétien. Ce dernier a d’ailleurs dû faire la même chose à Ottawa à deux jours du scrutin. Ça prouve à quel point ça allait mal!

Je crois que monsieur Champagne en doit une à Yves-François Blanchet pour s’être présenté dans Chambly. Je tiens à féliciter le courage de Nicole Morin, que peu de gens connaissent et qui, au pied levé, a accepté sans grands moyens financiers et d’organisation de comté, de défendre nos couleurs et qui a lutté jusqu’à la fin pour recueillir plus de 30 % d’appuis populaires.

À quoi on peut s’attendre maintenant de monsieur Trudeau? Va-t-il s’associer au chef du NPD, qui a fait chou blanc au Québec mais qui s’est montré ouvert à négocier croyant que son parti détient la balance du pouvoir, et ignorer le Bloc pour nous montrer une fois de plus son mépris héréditaire envers les partis souverainistes du Québec?

Il nous dit avoir compris le message clair du Québec mais il ne doit pas oublier celui des conservateurs, qui ont gagné la majorité populaire des votes exprimés et qui ont empêché l’élection de libéraux dans deux provinces (Saskatchewan et Alberta), et celui des Québécois francophones qui ont nettement favorisé le Bloc québécois.

Saura-t-il montrer un tantinet d’humilité et reconnaître qu’il n’a pas le monopole des bonnes idées? Pourra-t-il accepter l’offre de monsieur Blanchet qui lui suggère d’appeler la chambre dès cet automne pour régler une fois pour toutes la gestion de l’offre et verser aux agriculteurs l’intégralité des redevances promises?

Saura-t-il également, lui qui aime faire la morale à tous les pays et qui a accepté l’aide de monsieur Obama durant la campagne, démontrer le courage nécessaire pour dénoncer le sort réservé aux prisonniers politiques de la Catalogne, élus démocratiquement et qui croupissent aujourd’hui en prison?

Je crois qu’il est temps que ce grand adolescent devienne enfin un homme et assume le rôle d’homme d’État qu’il croit être. Une autre chose qui m’a ravi dans cette campagne, c’est de voir que tous les transfuges qui ont renié leurs convictions pour des redevances futures mordre la poussière. Vraiment, les Québécois commencent à comprendre.

Mais, sincèrement, j’espère que tous les élus feront montre de bonne foi et que nous ne nous retrouverons pas à nouveau en élection dans deux ans.

Gaston Bouffard

Shawinigan