Les défis de l’immigration

Les défis de l’immigration
En réaction à la lettre de M. Alain Brochu intitulée «L’immigration: pour riches seulement», parue dans notre édition du 30 août dernier.

C’est avec grand intérêt que j’ai lu l’opinion de M. Alain Brochu. D’après les propos de ce dernier, seuls les riches immigrants sont admis au pays. Pourtant, au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, des milliers d’immigrants illégaux arrivent dépourvus de tout et plusieurs resteront au pays.

Plusieurs chauffeurs de taxi à Montréal par exemple, étaient des vétérinaires ou étudiaient en médecine dans leur pays mais doivent obtenir les accréditations du Canada ou de leur province d’accueil pour pratiquer leur métier. Les accréditations et les normes n’étant pas les mêmes dans tous les pays.

Pour les emplois de second ordre, plusieurs Mexicains, entre autres, se font un plaisir de venir cueillir nos petits fruits puisque plusieurs Québécois refusent d’effectuer ce modeste travail. Il n’y a pas de sot métier.

Dans un même souffle, vous dites que le gouvernement choisit les immigrants riches et scolarisés. Ensuite, vous stipulez que les employeurs choisissent des gens simples, pas trop difficiles et pas trop payés. Vous ajoutez que c’est malheureusement, en gros, la politique de l’immigration souhaitée par la masse citoyenne et politique.

En ce qui concerne l’immigration, je n’ai pas été consultée sur le sujet. Tout est relatif. Pour un Mexicain, son travail estival au Québec pourra lui permettre de faire vivre sa famille pendant un an de retour dans son pays. Je ne commenterai pas tous vos énoncés mais je ne peux passer sous silence que vous seriez prêt à renoncer à la moitié de votre salaire pour les objectifs d’une vraie politique qui suivrait la clarté du bien de tous. «La clarté du bien de tous», c’est un peu confus comme énoncé.

M. Brochu, puisque vous semblez posséder la solution à tous les problèmes, pourquoi ne pas vous présenter en politique et changer les choses à votre façon. Vous pourriez très bien héberger les nouveaux immigrés en leur fournissant loyer, nourriture, allocation financière et travail. Vous pourriez vous asseoir à une table de travail avec des collaborateurs et émettre les grandes lignes d’une meilleure gouvernance. Il est facile de dire que vous renonceriez à la moitié de votre salaire en sachant très bien que vous n’aurez jamais à le faire.

C’est beau espérer et rêver d’un monde meilleur mais il faut souvent s’asseoir et travailler sur des dossiers complexes. Je tiens à vous rassurer car je comprends le fond de votre pensée. Il faut toutefois réaliser que plusieurs personnes rêvent de gagner à la loterie mais en attendant, il faut bien se lever et aller travailler.

Anne-Sylvie Duquette

Saint-Boniface