Les consommateurs sont des Pac-Man, mais…

OPINIONS / Selon Wikipédia, Pac-Man est «un jeu vidéo […] sorti au Japon le 22 mai 1980.

Le jeu consiste à déplacer Pac-Man, un personnage qui, vu de profil, ressemble à un diagramme circulaire à l’intérieur d’un labyrinthe, afin de lui faire manger toutes les pac-gommes qui s’y trouvent en évitant d’être touché par des fantômes».

Quelle belle description du comportement des consommateurs. Un personnage évoluant à l’intérieur d’un labyrinthe, évitant les (ses) fantômes et destiné à bouffer tout ce qu’il y a sur son passage!

Notre intention ici n’est pas d’insulter, mais bien de camper ce travers collectif, tellement coûteux pour la planète et l’équité sociale, afin de nous adresser aux autres dimensions humaines présentes en nous. Au côté intelligent, raisonnable et généreux que nous voyons se déployer, depuis quelques mois, partout au Québec.

Une caricature vue sur internet montrait un bonhomme qui disait: «Torrieu, mon char est rendu qu’il fait trois semaines au gallon!» Effectivement, nous avons dû limiter considérablement nos déplacements et ainsi réduire d’autant notre consommation d’essence. Nous avons cuisiné davantage, nous nous sommes occupés au plus près de nos enfants, nous nous sommes inquiétés de nos parents ou grands-parents en résidences ou en CHSLD. Une panoplie d’attitudes et de gestes généreux s’est déployée dévoilant une humanité qu’on a trop souvent tendance à oublier… ou à ne pas montrer. Heureusement, nous l’avons vu, de nos yeux vu: l’être humain n’est pas seulement qu’un consommateur «pacmanisé».

Que retenir de ce traumatisme collectif qui a fait ressortir le meilleur de nous? Nos gouvernements ont un sérieux problème sur les bras. Riches comme pauvres lui demandent de les aider. Les pauvres pour éviter de sombrer et les riches pour les payer afin qu’ils maintiennent leur statut et leur emploi. L’argent sort à pleines poches! La planche à billets n’a jamais autant imprimé.

Bien sûr, il y aura une limite. Si, comme on l’entend tout le temps, il faut à tout prix relancer l’économie, est-ce à dire que nous chercherons à recréer exactement le même modèle de développement qu’avant la pandémie? Là réside le danger qui nous guette et qui fera que nous n’aurons rien gagné de cette crise.

Retenons, au contraire, les belles attitudes de liberté dans la contrainte dont nous avons fait preuve au cours des derniers mois et osons cette proposition, que nous pourrons étayer ensemble, afin de travailler moins, consommer moins pour vivre mieux, plus équilibrés et plus heureux: vivement la diminution de la semaine de travail à 30 heures!

Bertrand Rainville
Trois-Rivières