Les bâtisseurs

Ça me choque de voir comment sont traités les aînés.

Les principaux candidats aux élections ont promis d’aider les proches aidants, ce qui est très bien. Maintenant que les élections sont passées, qu’adviendra-t-il des autres promesses formulées par les partis, particulièrement par la CAQ? Je trouve que c’est bien peu pour ces personnes qui ont bâti le Québec.

Je parle de ces aînés qui vivent dans leur maison, dans des résidences pour personnes âgées ou bien en CHSLD. Je suis une de ce groupe. Une de ceux et celles qui ont travaillé toute leur vie soit comme: bûcheron, journalier, draveur, à bâtir des barrages, à travailler dans des usines mal éclairées, mal ventilées, à la sueur de son front. Je suis une de ces personnes qui travaillaient pour des «peanuts». Ces gens qui sont aujourd’hui un peu trop oubliés, je trouve, par les politiciens.

Plusieurs de ces personnes sont aux prises aujourd’hui avec des maladies cognitives du genre Alzheimer, des maladies respiratoires, font de l’arthrite à en pleurer de mal leurs genoux finis. Il y a aussi ces femmes qui ont travaillé dans des usines de textile avec des niveaux de sécurité minimes. Ces femmes aussi qui ont fondé leurs familles avec parfois 8 ou 10 enfants à élever sur leurs fermes ou ailleurs.

Plusieurs de ces personnes sont aujourd’hui veuves et vivent à faibles revenus de l’aide sociale ou avec le Supplément de revenu garanti, par exemple, avec des revenus aux alentours de 10 000 $ à 12 000 $ par an. Quand on pense que la mesure de panier de consommation (pour combler ses besoins essentiels) est d’environ 17 800 $ par an pour une personne seule au Québec…

Plusieurs aînés sont pris avec des problèmes de santé. Plusieurs sont obligés de se nourrir dans des banques alimentaires. Personnellement, je dois vivre avec un budget très serré. Je ne dois pas dépenser plus de 5 $ ou 6 $ par repas, oublier les sorties, les restaurants.

Il y a quelques années, on a établi l’assurance-médicaments pour donner accès plus facilement aux médicaments aux citoyens, et particulièrement aux personnes âgées, qui en ont en moyenne un peu plus besoin. Or, le coût des médicaments que les personnes doivent assumer augmente avec les années. Sauf que la capacité des gens de se les payer n’augmente pas au même rythme. Cela m’inquiète beaucoup, car on ne sait pas comment les personnes âgées vont réussir à se procurer leurs médicaments dans un avenir pas si lointain. Déjà, on a appris tout dernièrement que les vaccins pour la grippe ne seront plus gratuits pour tous. Les personnes de 60 à 74 ans devront le payer dorénavant.

Finalement, je crains que ce soient les bâtisseurs et bâtisseuses qui vont être obligés de se priver encore et encore. Messieurs et mesdames qui avez été élu(e)s le 1er octobre, je vous demande de penser davantage à nos aînés. Au nom des personnes aînées à faibles revenus, je vous demande de poser des actions concrètes pour améliorer réellement nos conditions de vie. Parce que c’est bien bon des sandwichs aux tomates, mais là, nous sommes pas mal écoeurés d’en manger…

Johanne Fraser

Saint-Prosper