L’auteur de cette lettre souhaite qu’on revitalise les artères commerciales des villes comme, sur cette photo, la 5e Rue à Shawinigan.

Les artères commerciales: un milieu de vie imbriqué par l’histoire et un aimant pour l’activité humaine

L’auteur, Martin St-Pierre, a été directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan et agit maintenant comme stratège en relations publiques et développement économique.

Dans son reportage du 12 février dernier, intitulé: «Quel avenir pour l’ancien cinéma Roxy à Shawinigan?», ICI Mauricie–Centre-du-Québec nous rappelait qu’en mars 1937, un cinéma était inauguré au centre-ville de Shawinigan (sur le 5e Rue de la Pointe). Mais, aujourd’hui, comme nous le rappelle ce reportage, le bâtiment tombe en ruines, étant inoccupé depuis 36 ans.

Trente-six longues années que ce bâtiment est laissé à l’abandon… Lors de mon passage comme directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, j’ai à maintes reprises, revendiqué ma vision sur l’importance de poursuivre la revitalisation de cette artère commerciale, tout comme les deux autres artères commerciales qui composent la Ville de Shawinigan.

Qu’est-ce qui distingue une artère commerciale des autres formats commerciaux?

Un milieu de vie
Les artères commerciales sont un milieu de vie. Elles jouent traditionnellement un rôle essentiel dans le développement de l’identité locale à l’échelle des différents quartiers urbains centraux. Elles sont richement imbriquées dans une histoire, elles sont humbles mais honnêtes. Par leur richesse et leur diversité, elles génèrent de l’achalandage et une ambiance conviviale, mais surtout, elles sont un aimant pour l’activité humaine, récréative, commerciale et festive.

À l’inverse, le déclin des artères commerciales de quartier a un impact profond sur le niveau de désirabilité des différentes communautés qui les habitent et les fréquentent.

Un apport dans l’économie locale et régionale
Les artères commerciales regroupent des commerces de proximité (comme des boulangeries, pâtisseries et boucheries), des commerces de destination (comme des boutiques de décoration intérieure), ainsi que des entreprises de services (les institutions financières, des petits bureaux de comptables, par exemple). Ces commerces et entreprises réinvestissent leurs profits dans l’économie locale, ce que font très rarement les multinationales le plus souvent localisées dans les grandes surfaces tel que les centres commerciaux et les «power centers».

Généralement faciles d’accès, tant en véhicule qu’en transport en commun, ces artères commerciales créent également des emplois près des lieux de résidence.

En somme, elles répondent aux besoins de la clientèle locale et sont donc un atout pour les villes.

Les consommateurs sont motivés par deux facteurs lorsqu’ils fréquentent les artères commerciales: la proximité et la diversité/qualité de l’offre commerciale.

Pour toutes ces raisons, il faut s’assurer, collectivement, de trouver des façons de redynamiser le commerce local sur les artères commerciales de quartier car leur prospérité future en dépend.