L’environnement, de gauche?

L’auteure, Josée Bélanger, est candidate du Parti conservateur du Canada dans Berthier-Maskinongé.

OPINIONS / Lorsqu’on parle d’environnement, d’écologie, de soin ou de préoccupation de la terre, le ton et les mots sont importants. Certains sont alarmistes, d’autres sceptiques. J’irais d’une première constatation: le problème est criant et nous n’avons plus le temps pour les utopies irréalistes. Des gestes concrets doivent être posés. Comment en parler sans avoir une posture moralisatrice?

Tout d’abord parce que personne n’a un comportement exemplaire. L’avion est un très grand pollueur; sommes-nous prêts à renoncer ou à diminuer nos voyages? Et que dire du très grand fléau des appareils électroniques? Évidemment la liste s’allonge: l’obsolescence programmée de nos géants de l’industrie, le nombre de véhicules utilitaires en constante croissance, même la voiture électrique a ses nuances (fabrication et batterie), les continents de plastique dans nos océans, la récupération et le recyclage problématiques de plusieurs produits, les déchets non recyclés en restauration rapide, le gaspillage alimentaire, la sur-surconsommation, la nanotoxicité, etc.

Politiser l’environnement, oui mais. Dépolitiser le sujet, oui mais. Tous les fronts doivent être sollicités: initiatives personnelles, mouvements sociaux, implication des entreprises, responsabilités des différents paliers de gouvernements, de la politique municipale aux politiques internationales. Les initiatives en marge et les approches systémiques, tout devrait être mis en œuvre. Il faut surtout éviter, me semble-t-il, le phénomène de mode.

J’étais dans la vingtaine durant les années 90, n’est-ce pas Brian Mulroney qui a parlé des pluies acides? C’est le pragmatisme du Parti conservateur qui m’a attirée. Mettre en phase nos préoccupations et aspirations avec nos désirs bien concrets de bien-être. L’approche du pas-à-pas. Par exemple, on compte plus de 62 000 déversements d’eaux usées au Québec contre à peine 5000 en Ontario, une première mesure: travailler à arrêter ces déversements. Notre plan environnemental, qui sera dévoilé bientôt, touchera l’air et d’autres éléments.

«Conserver» notre patrimoine environnemental, pourquoi la gauche s’approprierait-elle cette cause? Aucun parti n’a le monopole de la vertu. Mon souhait se décline en quatre temps: une finesse émotive qui dépasse l’étape de classer les gens entre «bons» et «méchants», il me semble que les perceptions abîment les débats; éviter la dichotomie stérile entre économie et écologie, elle ne fait pas avancer les solutions; une honnêteté intellectuelle qui reconnaît la complexité du sujet; une ouverture à regarder la façon qu’a chaque parti à vouloir contribuer à sa façon.