L’enjeu dont on ne parle pas

Étonnant à quel point on ne fait pas grand cas des changements climatiques durant cette campagne électorale.

Pourquoi? Pourquoi cette campagne où chaque parti fait un «listing» de petites promesses, comme une distribution de cadeaux aux plus chanceux? Sans vision, sans projet mobilisateur…

Les «grands» partis sont-ils au courant qu’un grand défi se profile à l’horizon? Sont-ils au courant que les changements climatiques entraîneront de plus en plus de catastrophes naturelles? Croient-ils simplement que le Québec sera épargné?

Nous n’avons plus d’excuses pour attendre avant de passer à l’action. Les études sont faites. Et refaites. Les preuves sont sur la table. Et les cris d’alarme ont été lancés.

Que les partis qui souhaitent diriger notre province se tiennent debout et nous proposent des façons de prendre ce virage, qu’ils nous offrent un projet qui nous dépasse et qui voit plus loin, pour les générations futures. Même si ce projet impose des changements d’habitudes et des décisions impopulaires. Parce que nous ne pouvons plus faire comme si nous ignorions vers quoi nous nous dirigeons.

Alors pourquoi? Pourquoi nos politiciens ne font qu’effleurer la question environnementale depuis le début de cette campagne? Est-ce parce que, comme Patrick Lagacé, ils ont baissé les bras? Patrick Lagacé, qui, dans sa chronique du 29 août dernier dans La Presse électronique écrivait qu’il ne croit pas que nous puissions éviter la catastrophe: «Je n’ai jamais cru que des milliards d’êtres humains, gouvernés par 200 États aux intérêts différents et souvent divergents, régis par des centaines de milliers de lois, de règlements, de conventions et de traités qui régissent une économie carburant aux énergies fossiles – économie qui est devenue un mode de vie –, puissent larguer ce mode de vie de notre vivant. Or, la seule façon d’éviter les cascades de catastrophes écologiques qui vont nous tuer à petit feu ou à «broil», c’est justement de larguer cette économie… dès maintenant.»

Si c’est parce qu’ils ont baissé les bras que nos politiciens n’abordent pas les enjeux climatiques, alors qu’ils optent pour un autre métier que celui de gouverner! Chroniqueur par exemple! Et s’ils n’ont pas baissé les bras, alors qu’ils cessent de me promettre des cadeaux tels que plus d’argent dans mes poches pour chacun de mes enfants. Qu’ils me promettent plutôt de travailler à ce que mes enfants vivent sur une planète viable. C’est comme ça qu’ils auront mon vote.

Marie-Claude Gagnon

Trois-Rivières