Selon l'auteure, les heures allouées à l’éducation sexuelle dans les écoles québécoises ne suffisent pas à rendre notre société plus égalitaire et inclusive.
Selon l'auteure, les heures allouées à l’éducation sexuelle dans les écoles québécoises ne suffisent pas à rendre notre société plus égalitaire et inclusive.

L’éducation sexuelle pour une égalité des genres

Carrefour des lecteurs
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Le Nouvelliste
OPINIONS / L’auteure, Marie-Pier Quessy, est intervenante au CALACS Entraid’Action de Shawinigan. Elle signe cette lettre au nom de l’organisme.

S’il existe, encore en 2020, des inégalités de genre, du sexisme et des violences sexuelles, c’est qu’il s’agit d’un construit social que nous transmettons de génération en génération. Les mentalités d’aujourd’hui sont le résultat de nombreuses décennies à enseigner aux enfants des stéréotypes de genre, tels que l’homme fort et stoïque capable d’encaisser et la femme qui prend soin. Ceux-ci entretiennent une disparité entre les hommes et les femmes. De plus, ils suscitent une réflexion sur la socialisation genrée et sur la notion de privilège. Bien que plusieurs personnes croient que l’égalité est atteinte, manifestement nous en sommes loin. Nous devons ouvrir les yeux sur les faits actuels qui dénotent un constat évident; il existe toujours des inégalités au Québec!

Force est d’admettre que les quelques heures allouées à l’éducation sexuelle dans les écoles québécoises ne suffisent pas à rendre notre société plus égalitaire et inclusive. D’abord, parce qu’on a transféré cette compétence dans la cour des enseignants qui, pour certains, peuvent vivre un malaise d’aborder des sujets aussi délicats que le corps, l’intimité et la sexualité globalement, incluant bien entendu les violences. Ensuite, quand on aborde la violence, on enseigne trop souvent à se défendre et éviter les agressions sexuelles, mais trop peu à ne pas agresser et être respectueux. Enfin, par année, consacrer 5 heures au primaire et 15 heures au secondaire pour couvrir huit grands thèmes de la sexualité, ce n’est pas assez!

L’éducation sexuelle est un acquis pour la vie. À la fois pour mieux connaître son corps, le comprendre et le protéger. Elle permet aussi de découvrir son identité et apprendre à entretenir des relations égalitaires. Il s’agit donc d’une formule gagnante pour développer l’ouverture, l’estime, ainsi que le respect de nos limites et celles des autres.

Au-delà de ces constats, il est important de mentionner qu’il existe des ressources professionnelles, des programmes et des organismes pour soutenir et éduquer sur diverses thématiques de l’éducation sexuelle. Notons entre autres des professionnels comme les sexologues et des organismes comme Tandem Mauricie, Espace Mauricie et les CALACS de la région. En effet, les CALACS offrent des ateliers de sensibilisation des violences sexuelles pour les jeunes du secondaire, le personnel scolaire et rendent disponibles des capsules web pour les parents, notamment via leur programme de prévention Empreinte-Agir ensemble contre les agressions à caractère sexuel offert dans toute la province.

En tant que citoyens, nous avons la responsabilité de transmettre un bagage de connaissances et de valeurs telles que la justice, le respect et l’égalité à nos jeunes, les adultes de demain. Ensemble, faisons de notre société, un milieu égalitaire et sans violence!

Pour de l’information, du soutien ou de l’accompagnement, vous pouvez contacter le CALACS Entraid’Action de Shawinigan au 819-538-4554 pour les régions du Centre-de-la-Mauricie, Mékinac et la Haute-Mauricie. Pour la région de Trois-Rivières et ses environs, c’est le CALACS de Trois-Rivières au 819-373-1232.