Selon l’auteur de cette lettre, nos gros centres commerciaux qui sont en réalité que des réseaux de distribution de la Chine devront se transformer en centres de distribution communautaire qui ne concurrencera pas nos marchands locaux selon les règles de l’ACPD.
Selon l’auteur de cette lettre, nos gros centres commerciaux qui sont en réalité que des réseaux de distribution de la Chine devront se transformer en centres de distribution communautaire qui ne concurrencera pas nos marchands locaux selon les règles de l’ACPD.

Leçons à tirer de la crise de la COVID-19

OPINIONS / La crise mondiale causée par l’éclosion de la COVID-19 provoque un tel bouleversement que les pays du monde se voient dans l’obligation de repenser leurs critères des valeurs. Cette catastrophe nous mènera à une réflexion profonde et même à repenser notre organisation sociale.

Autrefois, on avait tellement démonisé le «Régime communiste» que personne ne voulait même en étudier les principes; c’est dans cet état d’esprit que je voudrais proposer le terme «Régime communautaire». C’est dans ce sens qu’il faudrait repenser notre manière d’agir «d’après-virus».

On doit changer notre vision qui consiste à produire pour exporter, car en exportant on produit du chômage ailleurs. Pour une entreprise, le principe du «toujours plus gros», ça ne réussit pas à tous. S’assurer l’autosuffisance des besoins de base, ça serait déjà une belle réalisation.

Ce même principe s’applique aussi à l’industrie du vêtement; il faut faire revivre tous ces anciens fleurons du Québec en produisant des vêtements de très bonne qualité en respectant la saveur locale. Pour n’en nommer qu’un, «Le Culottier» de Batiscan qui fabriquait des jeans superbes. Cependant, comme l’exode de nos entreprises s’est poursuivi pendant plus de 25 ans, en créant beaucoup de chômage et de nouveaux emplois, il faudra certainement aussi longtemps pour renverser la vapeur; mais c’est un mal nécessaire.

Peut-être que ce sera l’occasion pour nos gouvernements d’instituer graduellement un revenu minimum garanti. Car à bien y penser, «le droit au travail» c’est une notion imposée par le capitalisme, mais le droit à «un revenu décent» c’est un régime communautaire qui l’impose. C’est l’un des moyens pratiques à notre disposition pour faire une redistribution plus équitable de la richesse pour financer les services publics. Il faut donc aligner nos modèles de production et de consommation sur cette valeur de base.

Par ailleurs, on doit aussi repenser le principe que l’achat chez nous, c’est acheter au Québec, mais, dans «l’après-virus», l’achat chez nous, c’est acheter au Canada.

Une Agence canadienne de production et de distribution des produits d’utilités courantes (ACPD) tels que le vêtement devrait être instaurée par le gouvernement canadien, de concert avec les provinces et territoires pour distribuer de manière équitable les lieux de production et les moyens de distributions pour satisfaire aux besoins de tous, sans oublier le coût environnemental.

Ce principe implique obligatoirement le réaménagement de notre réseau actuel de distribution. Nos gros centres commerciaux qui sont en réalité que des réseaux de distribution de la Chine devront se transformer en centres de distribution communautaire qui ne concurrencera pas nos marchands locaux selon les règles de l’ACPD.

Il faudra surveiller attentivement notre participation aux marchés communs et s’assurer que leurs politiques ne deviennent pas des atteintes directes à nos producteurs locaux.

À cet effet, des producteurs agricoles sont déjà d’accord pour modifier leur production pour assurer des légumes frais à longueur d’année. Il suffit qu’Hydro-Québec leur fasse des tarifs spéciaux, des tarifs «Communautaires» pour chauffer leurs serres. Nous aurons alors des producteurs qui pourront fournir en tout temps nos supermarchés, des produits frais, en quantité suffisante. Ce serait déjà le premier maillon de nos moyens de distributions sous la supervision de l’ACPD.

Bien sûr, il y a beaucoup de travail de persuasion à faire pour que le principe soit partagé à travers tout le pays. Même avec toutes ses difficultés internes, l’Union Européenne soutient encore le besoin de s’unir, surtout en temps de crise. Il faut aussi se convaincre du principe que «la qualité, ça se paie», mais, lorsque nos moyens nous le permettent il faut encourager «l’achat communautaire», faire travailler «notre monde».

On devra aussi faire remarquer au secteur de la médecine privée qu’en cas de crise, ce n’est pas lui qui a fourni les lits d’hôpitaux, les masques et les respirateurs. Dans un régime communautaire, on ne peut pas seulement profiter du système, on doit nécessairement s’intégrer au système. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et en plus, le cul de crémière.

En même temps, il faudra aussi, bien expliquer, à tous qu’un «DROIT», c’est comme un virus, ça ne vit pas par lui-même, ça s’accompagne d’obligations: celle de respecter les lois du pays et celle de respecter le droit des autres. C’est ça la vie communautaire.

Évidemment, lors d’un changement d’une telle importance, tout n’est pas tout blanc, ni tout noir; des circonstances particulières nous obligent parfois à nous accommoder d’un peu de gris pour tenir compte du bien commun.

J’espère que mon petit-fils aura la chance de partager ce monde idéal.

Gaétan Yelle

Trois-Rivières