L’auteur de cette lettre se dit pro GP3R, mais assure qu’il tente à sa façon de faire sa part écologique.

L’écologie n’est pas l’ennemie de l’économie

OPINIONS / J’ai assisté, mardi, au conseil municipal de la Ville de Trois-Rivières pour la première fois.

Soyons clairs: oui, je suis pro GP3R. Mais je tente de faire, à ma façon, ma part «écologique».

Je ne suis pas du genre à intervenir quand ça parle politique, mais je n’ai pas pu m’en empêcher.

Voici à peu près ce que j’ai dit: on dresse le portrait du GP3R comme du plus gros pollueur, alors que les premiers pollueurs de la ville restent les avions de l’aérogare. Mais pourquoi? Parce que le GP3R rayonne, lui. L’aéroport, non.

En Europe, la notion de «contrôle technique» existe depuis 1976 dans les règles et directives européennes, et est obligatoire depuis... 1991. On se moque de qui avec l’urgence climatique?

Pour rappel, le contrôle technique dresse un bilan de votre véhicule et vous précise qu’il respecte les règles européennes de consommation, sécurité, et de pollution, et ce, dès que le véhicule a quatre ans, puis tous les deux ans par la suite.

Si on testait le parc automobile trifluvien, je suis sûr que la moitié des véhicules seraient refusés, et environ un tiers de ceux-ci seraient en défaut en ce qui a trait à la pollution.

De plus, on refuse une subvention à un événement qui veut apporter des activités familiales en ville (autour de la course) en hiver, qui essaie de diminuer son empreinte écologique, et de ce fait éviter le rayonnement international supplémentaire et les bénéfices générés, tout ça «par principe».

Par principe, quand vous avez voté l’urgence climatique, certains d’entre vous sont quand même venus au GP3R, et il y en a qui ont même fait des tours de pace-car, il me semble.

Je suis cycliste par habitude. Demandez, je suis un des seuls bénévoles qui vient à vélo au GP3R et qui se déplace sur le site comme ça. Je n’ai pas le permis, donc je «triche» un peu. Mais les conseillers qui votaient contre, votre empreinte, allez-vous planter des arbres par la suite pour compenser?

Avec les vêtements en acrylique et autres plastiques que j’ai vus mardi soir, je me dis qu’avant de prendre pour cible un événement qui est déjà prêt à changer, on devrait déjà essayer de faire sa part, par exemple: être plus réfléchi, voir une opportunité quand elle s’offre à soi, et penser écologique en évitant d’abord soi-même de consommer ou polluer trop.

Là où j’ai le plus apprécié l’argumentaire des conseillers, c’est quand le dernier à prendre parole, Monsieur Ferron, expliquait que tous les événements polluaient. Voiture égale pollution donc le GP3R c’est le mal. Mais monsieur Ferron est un des seuls reconnus pour se déplacer à vélo, non?

Je le redis, vous ne pénalisez personne quand vous dîtes non au GP3R, sauf les Trifluviens qui pourraient profiter des activités en hiver. Avec ou sans vous, le rallycross d’hiver aura lieu, autant que la Ville s’en mêle et travaille à viser plus vite l’écologie, plutôt que de tout refouler en bloc.

Ma prof d’économie-droit disait toujours: l’économie, c’est la science de la rareté. Monsieur Lamarche, j’apprécie votre volonté de rappeler que l’écologie n’est jamais l’ennemie de l’économie.

Ludovic Mansuy

Trifluvien depuis huit ans